La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

LA FDOIE DA:--S LA SOCIÉTÉ MODER~E la femme ne Yoyait rien et, conséquence <le son education, ne pou\'ait rien Yoir qui méritât d'occuper son existence. Mise au monde et façon nec uniquement pour l'égoïste satisfaction de l'homme, les hommages, les galanteries, toute cette menue monnaie de l'amour, clic la recherchait avec avidité. Briller, plaire, c'était, à son gre, la quintessence du bonheur, et on ne l'eût pas peu surprise, courroucée peut-être, si l'on a\'ait cessé d'adorer son sexe pour <'.:leverson esprit. Elle <'.:taitreine, en un mot, mais reine sans gom·crncmcnt. On conYicnt encore que, rcYenuc aujourd'hui de ses erreurs a l'endroit de l'amour, « degagec des vieilles servitudes », resalue « i viHe sur un pied d'égalitc a,·ec l'homme, et, par consequcnt de moins en moins disposcc à alié~er sa liberté et à se donner un maitre » ( r ), la femme a incontestablement droit a un sort meilleur que celui auquel l'avaient rcduitc les régimes dcchus. Épouse digne, mère intelligente, esprit judicieux dans le règlement des affaires domestiques, clic mérite de jouir de tous les aYantages herités par l'homme du droit romain. Encore ne les obtiendra-t-clle qu':\ condition <le se rapprocher <le l'ouvrier, comme elle Yictime <le l'organisme social, de lui ètrc une auxiliaire, non une riYale ou une concurrente, et de se persuader que le salut des opprimés dépend surtout de la transformation du régime actuel. Mais, quant aux droits politiques, les hommes en font un trop mauvais usage pour que les adYcrsaires du Yicux systéme social ne craignent pas d'en Yoir conférer l'exercice aux femmes sans une initiation préalable patiemment et sayammcnt conduite. Comme l'a dit Büchner: .t.< Dans la généralité, le sexe fominin est trop peu mùr encore, trop mineur, trop faible sous le rapport religieux, pour que sa compléte émancipation politique soit praticable. » Ces explications données (et elles étaient nécessaires), il reste à examiner le détail des rcYendications féminines et a connaitre les résultats obtenus par le trop petit nombre des femmes qui veulent se soustraire au joug masculin. Quelles sont d'abord ces reYendications? Nous les trouvons exposées dans une proclamation parue en janvier 1879. Ce sont : Le partage des droits concédés à l'homme dans la famille (nous les avons énumérés dans notre précédente étude et il ne nous paraît pas utile d'y reYenir); la libre accession à toutes les carrières; le droit d'être électeurs et éligibles dans la commune et dans l'État; l'admission aux fonctions de juges consulaires, de juges civils, de jurés. . Sauf quelques exceptions, le premier de ces points est resolu depuis longtemps. Nous avons la femme commerçante, industrielle, (1) L. de Grnmont, Eclair, janvier 1S94.

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