• LA l'DL\IE DANS LA SOCIÈTÈ MODERNE femmes aux hommes dans deux cents statîons de chemins de fer aYait permis de réaliser une économie annuelle de 30,000 livres sterling, le salaire moyen des femmes étant de 20 livres par an (500 francs), tandis que celui des hommes atteint r 50 lines (3,750 francs). Ainsi s'explique pourquoi, depuis quelques années, le travail féminin se généralise dans une proportion effrayante. Certaines contrées, il est \Tai, se sont émues d'u.ne situation si grosse de difficultés et font effort pour la modifier ou y porter reméde. Dans l'Inde, les femmes sont exclusi \·ement employées à la direction des machines. Leur journée normale dure de 7 heures à 5 .heures et demie, mais elles pem·ent à leur gré la continuer jusqu'à 9 heures ou l'abandonner avant 5 heures et demie. De même clics ont, trois ou quatre jours par mois, le droit de déserter la fabrique ;ans être obligées de fournir un certificat et sans avoir, par conséquent, à craindre de perdre leur emploi. En Russie, l'interdiction du travail de nllit prononcée en faveur des enfants s'étend aux femmes depuis 1886 et s'applique même aux textiles et aux tissages. Mais les contrées où se sont introduits ces usages sont en petit nombre, et la plupart des États d'Europe, inconscients du péril que couve la modicité du salaire accordé au travail féminin ou résolus peut-être à ne s'en émouvoir qu'en cas extrên?es, constatent avec une sorte de placidité· l'envahissement i1fressant de l'ii1dustrie par la population fé111inine. Le premier recensement des femmes employées dans les fabriques de Prusse a éte fait en 1892. Il comptait 567,234 ouvrières, parmi lesquelles 225,000 (39.6 °/o) aYaient de 16 à 21 ans. Sur le nombre total, 283,000 (50 °/o erwiron) travaillaient d·ans l'industrie textile; 44,000 (7 °/o) dans la confection; 38,000 (6.69 °/ 0), dans la papeterie et la vanrierie; 35,000 (6.6°/o) dans la poterie et la verrerie; 168,000 ( 29 °/ o) étaient réparties dans les autres industries ( 1). D'après l' A11111cairsetatistique de l'Empire d'Alle111ag11e, le nombre total des ouvriers allemands s'élevait, en 1891, à sept millions et demi environ, sur les.quels on comptait quatre millions et demi de femmes. En comparant au nombre total des ouniers de chaque industrie celui des femmes employées, on constate que ces dernières forment toujours la majorité du personnel et qu'elles dépassent parfois du double le chiffre des ouniers mâles. - Le 20 mars 1894, le journal le Peuple, de Bruxelles, observait que « la participation de l'élément féminin au· travail industriel est un des traits caractéristiques du mouvement ouvrier pendant les dernières années. » A l'appui de· cette observation, il publiait, en les commentant, les chiffr~s d~nnés par le recensement décennal anglais. Le nombre des femmes entrées dans l'industrie et le (1) Journal lrimestriel de slalisliq11cde l'E111pired' Alle111ag1û:, 1894.
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