LA RE\'UE SOCIALISTE gande aYec ardeur jusqu'au lendemain de la Commune. Cela le rendit extrêmement odieux a la bourgeoisie de Trapani. Pourtant il ne s'en laissa pas imposer par la haine des puissants. Il ne se découragea pas du peu de résultat obtenu. Il resta sur la brêche jusqu'a ces derniers temps. Avec Montallo, il réussit a organiser un Yéritable parti socialiste dans sa ville natale. Au conseil proYincial il représentait Paceco, lieu voisin, oü il aYait des intérêts et de nombreux amis. Pendant la période des tumultes il fut des plus actifs; il s'appliqua a les modcrer, a arrêter les conséquences de la contagion psychique. Dans les journées des 1er et 2 ja1wier, le préfet Palomba, pris d'une telle épouvante qu'il en pleurait deYant diYerses personnes, lui demanda ses conseils, son appui, son interYention pacificatrice, et s'en declara heureux et reconnaissant. C'est ce qui résulte et des rapports du dénonciateur et de la sentence. Le 3 janYier, l'inspecteur de la sûreté publique l'invita a passer a son bureau. Curatolo répondit dédaigneusement qu'il n'avait rien a faire avec l'inspecteur. Ce dernier, le lendemain, se Yengea de cette i;ebuffade en l'arrêtant, en fermant la pharmacie, et en gardant les clefs pour deux jours. L'inspecteur en l'arrêtant ne cacha pas que c'etait a cause de son précédent refus. C'était une punition qu'il lui infligeait. Il s'en vante encore. La Chambre du conseil n'eut pas le courage de légitimer l'arrestation, une première fois. Elle se contenta d'appuyer la proposition du ministère public de rem·oyer la légitimation de l'arrêt a un autre mois, en attendant qu'on pût trouver des éléments de culpabilité qui manquaient jusqu'alors. Le mois écoulé, sur la base des mêmes éléments négatifs, la Chambre du conseil du tribunal pénal remit l'affaire au tribunal de guerre de Trapani. C'est le 12 mars que devait venir la cause. Mais elle fut renvoyée, sûrement sous la pression de l'autoritl'.: politique, par ce fait que le ministère public représenté par le cav. Anastasi ne trouvait aucun élément propre a soutenir l'accusation, et que le préi;ident du tribunal de guerre, colonel Bussolino, - celui-là même qui fit a la magistrature ordinaire des estafilades jusqu'an sang - avait ose dire publiquement qu'il répondait de l'absolution du prévenu. Dennt le tribunal de guerre, la cause passa le 20 mars. Mais le personnel en avait été complètement remanié. Vincenzo Curatolo, malgré les témoignages très farnrablcs du président de la députation proYinciale, du syndic de Trapani, d'un capitaine des carabiniers, en l'absence de tout document qui l'accusât, et sur la base du seul témoignage d'un conseiller de préfecture qui déclara l'avoir vu à ·Paceco - le grand crime! - le 3 janYier, fut condamné a 7 ans de réclusion. Les perquisitions et les rapports de l'inspecteur Rinaldi n'ajou-
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