La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

RE\'l!E DES RE\TES 249 par cc fait quc la science ·est dcYcnuc une spéculation. « De par le fonctionnement social, les l'.:tudiants saYcnt d'a\'ancc qu'ils battront monnaie aYcc leurs diplomcs ». Plus « sages >> que n'étaient leurs pl'.:rcs trop entachés de rl'.:publicanismc et de romantisme, ils sui\'cnt avec entrain les Yoics prèparatoircs qui méncnt finalement a la c< carrière », c'est-a-dire aux pouvoirs, aux honneurs et a l'argent. Dans le même recueil, notre collaborateur A. Hamon, dont on connaît la manière pn~cisc, public une tres intèrcssantc ètudc sur l'Esprit de prosélytis111ce/Je:.l_'n11nrchiste. Cc n'est d'ailleurs qu'un fragment de l'ouvrage en cc moment sous presse chez l'editcur Stock : Psychologie de l' nlinrc/Jiste. * * * Dans la RHCE DE PARIS (numéro du I 5 juillet), un titre allèchant: U11 ro111n11csieorcialistee11Jtnlie, mais une déception pour le lecteur. - C'est une ctude assez complétc sur Francesco Mastriani. Certes l'auteur, i\l. Hérelle, connait son sujet, l'homme et l'œm-rc dont il parle, mais il a le tort d'ignorer le socialisme et de le trop laisser Yoir. Quant a son style, il est plutot l:1ché: des la prcmiere page, il est question de « places, que des femmes e11co111breuf de leurs lamentations », image qu'on peut ne ·pas goùtcr. cc Mastriani, dont le nom même n'est pas connu chez nous, a joui et jouit encore a aples d'une vogue extraordinaire. C'est le seul que les petites gens lisent assidûment, qui soit cl'.:lèbrc dans les boutiques, dans les cchoppcs, dans les loges de concierge et dans les cabarets. Ses liHcs se vendent partout, dans les kiosques de journaux, chez les bouquinistes Yolants qui posent leur ctalagc à l'angle d'une porte, sur la toile sale qu'un camelot l'.:tcndau coin de la rue Foria : toutes ses œuncs ont un caracterc local, empruntent leurs personnages et leurs cadres à la vie rccllc, sont profondément imprégnées d'i<ll'.:cset de passions nationales : et c'est pourquoi on l'adore dans son pays. Eh bien ! les romans de Mastriani ne sont d'un bout à l'autre qu'une prédication socialiste. » Il était, le panne homme, mieux placé que tout autre pour dire les affres et les réYoltes de la misère. Amilcare Cipriani, qui l'a connu et aimé, en pourrait témoigner. cc Il avait une femme et quatre enfants à nourrir, et à Naples, encore plus qu'ailleurs, la littérature est un médiocre gagne-pain ; en outre~ on le saYait besogneux, et on profitait de son besoin pour lui payer ses œunes un prix dl'.:risoire. » Aussi son œune est-iI énorme : il composa quarante drames et comédies, cent sept romans, deux. cent soixante-trois nouYelles, cc qui ne l'empêcha point de ne laisser aux siens après sa mort qu'un peu de gloire et la misère.

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