La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

RE\'UE DES RE\'UES Yic surgissent, l'universalité des indiYidus perçoit plus distinctement, sous les incitations de la nécessité, autant qu'aux rayons trop souvent fumeux de la science, le carrefour du chemin où ils reposeront lems membres endoloris. De sorte que, quand même dcnait se prolonger le deplorablc diYorce entre la thcorie et l'action; quand même le saYant persisterait à rester enfermé dans le domaine de l'obserYation, indifférent autant que le poète dans sa tour d'iYoirc, la marche progrcssi\·c de l'humanité ne s'arrêterait pas. Cc quiYient de se passer aux États-Unis encore, à l'occasion de la grcve des ouvriers de la maison Pullmann, le prouye surabondamment. Ici, de nom·eau, s'est manifesté le caractère réYolutionnairc de la statistique. C'est grâce, en effet, à la connaissance des forces respectables dont clic disposait par le nombre de ses adhérents, que l'Union dcsounicrsdes chemins de fer américains a pu concevoir l'idée de donncrlc branle a la terrifiante levée de boucliers qui, a un moment, . a fait trembler sur ses bases la féodalité financicrc et industrielle de l'Amérique du Nord. Dans l'Eco110111iFstrcrwçais du 27 juillet, M. Fournier de Flaix public sur cette colossale grève de Chicago une série de renseignements qui, malgré leur caractére tendanciel, sont du plus haut intérêt. M. de Flaix nous apprend que le syndicat de la maison Pullmann fait partie de l'Union des ou,Tiers de chemin de fer. Cette union compte plus de "trois cent mille membres, et les rapports entre les Compagnies et leurs employés sont trcs tendus. Les Compagnies ont d'ailleurs, depuis quelque temps, recouru à un recrutement spécial de leur personnel qui a singulicrcment diminué la cordialité des relations. Elles n'ont trouvé rien de mieux, pour échapper aux revendications de leurs ounicrs, que d'embaucher des négres, dont la soumission passiYe est un gage assuré de paix momentance, si elle n'est pas de nature à compenser l'inférioritc des services rendus par l'ounier nègre, au cours de sa journée de travail. Lors donc que la diminution des salaires força • les ouvriers de la maison Pullmann à se mettre en greve, l'Union saisit l'occasion pour étendre la cessation du travail à toutes les Compagnies de chemin de fer. Mais pour que l'U11iou fùt victorieuse, il aurait fallu, d'une part, que l'AlllericanFederalionof Labor, qui compte plus de 800,000 membres, suspendit le travail et que les Ku ig/Jtsof Labor suivissent. M. Fournier de Flaix. assure que les Chevaliers du Travail (K11ig/Jtosf Labo,) traYcrsent en ce moment une crise et que l'autorité du grand-maître Sovereign est fort ébranlée. De là, toujours d'aprés M. Fournier de Flaix, la défé:ction qui se produisit dans une partie de cette association, qui ne répondit pas avec unanimité à l'appel de Sovereign. D'autre part, le chef de l'Union, Debs, ayant fait appel à I'American federalio11, le chef de cette derniére fit la sourde oreille, 16

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