La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

2I2 LA RE\'UE SOCIALISTE Jaurés répond que la Rérnlution, dans sa p6riodc la plus r6publicainc, manifeste au contraire son attachement pour le principe de l'impôt P ersonnel a6n6ral et prorrrcssif sur le reYenu en l'inscriYant da11sla ) ::, ::, Co11stit11tiod1e11793. La déclaration sera un ennui pour les classes aisées, mais le scrYicc militaire n'est-il pas un ennui plus gra\'C? ,c Quelle comparaison y a-t-il entre cc 16gcr ennui, que ,·ous imposeriez à ceux qui ont, après tout, la compensation de la fortune ou de l'aisance, et l'écrasement sous lequel YOUSlaissez à l'heu rc actuelle la partie la plus souffrante et la plus pau\Te de la population? >> :M. Jules Roche aYait termin6 son discours en déclarant que cc systémc d'impôt entretiendrait la guerre entre les riches et les pau\Tcs et deviendrait un jour, entre les mains de ces derniers, un moyen de brutale spoliation. Jaurès montre, au contraire, que depuis que le suffrage uniYerscl existe, la masse pau\Te fait un usage plus que modeste de sa puissance, et r6ussit à peine à conqu6rir, chaque Yingt_ ans, quelque médiocre r6forme en sa fayeur. « Ah! nous les ayons souYent entene dues ces grandes paroles contre la tyrannie possible du peuple! Et pendant qu'on d6nonce la tyrannie possible du peuple, on maintient la tyrannie r6elle du capital ! » L'argumentation captieuse de J\l. Jules Roche était d6truite. Nous aYons cité quelques-unes des thcses controYersées par les deux orateurs, afin de donner une idee des repenses pcrcmptoires qui, comme un coup de plumeau, ont enle\'e les arguties subtiles que M. Jules Roche aYait patiemment tiss6es autour de la question. Il nous est impossible, on le comprendra, d'entrer dans le détail de cette très longue discussion. Nous aYons résume les discours les plus importants et les plus caractéristiques par la nettete et l'opposition des doctrines. M. Ribot, l\L Poincare, ministre des finances ont combattu médiocrement les doctrines qui nous sont cheres; l\l. Doumcrc s'est montr6 partisan intelligent et co1waincu de cette reforme fiscale. Rappelons que le contre-projet Jaurès a ét6 repousse par 36-1-Yoix contre 1-1-2 et le contre-projet moins radical de M. CaYaignac, par 26ï Yoix contre 236. Inutile de dire que les membres de la Droite, ces fameux d6mocrates de la Droite, qui parlent si Yolontiers <le leur amour pour le peuple et leurs ardeurs r6formatrices, constituent l'appoint de la majorité opportuniste. Ajoutons que J\L le ministre <les finances a fait de belles promesses. Ceux d'entre nos concitoyens qui croient encore au caractère sacr6 <les promesses minist6rielles se réjouissent déj;\ de l'application d'un certain impôt sur le reYenu, dont l\1. le ministre a annonc6 le prochain enfantement par ses bureaux. J'en connais beaucoup qui resteront sceptiques et qui se souYicndront que la rdonnc de l'impàt

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