La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

REVUE DES LIVRES 125 à l'ensemble des sciences, c'est-à-dire de la connaissance théorique et spéculative. Ces réserves faites, nous ne saurions nous dispenser de rendre hommage au consciencieux labeur, à l'érudition riche et sûre, à l'ingéniosité souvent avisée dont témoigne cet essai compendieux et partout intéressant. Ne sont-ce pas là du reste les qualités propres que M. de la Grasserie a fait depuis longtemps apprécier dans d'autres ordres de recherches, notamment dans ses nombreux ouvrages de linguistique et de grammaire comparée, de philosophie du droit et de législation, dont la plupart ont eu un succès très honorable ? V. R. * * * LE FoNDEME~T DU CoLLECTIYISME : Examen critique du système de Karl Marx, par MARTDIEAU, avec une préface de Frédéric PASSY, membre de l'Institut. - Paris, librairie Guillaumin, 5 2 pages. Socialistes, mes amis, tremblez. Vos doctrines éconoi;niques n'existent plus: Elles gisent dans la poussière. M. Martineau, jusqu'à ce jour peu connu, s'est dressé et il a réussi (c'est l'opinion de M. Frédéric Passy), à entamer Je bloc de granit de l'économie Marxiste, contre lequel MM. Paul-Leroy-Beaulieu, de Laveleye, Naquet et tant d'autres avaient vainement usé leurs ongles. Et tout cela en 5 2 pages ! L'opuscule que nous venons de lire est très intéressant : Il doit réjouir tous les socialistes studieux, qui sortiront de cette lecture réconfortés au point de vue moral et raffermis dans leurs opinions. C'est même un petit procédé que je recommande à mes amis. Quand une fois on a compris toute la pro~ fondeur des doctrines collecti,·istes, on sent très bien que l'on possède, au moins approximativement (car nous n'avons aucune prétention à l'absolu), la clef de la solution de tous les problèmes économiques contemporains. Et si, dans cette quiétude, on est envahi tout à coup par quelques doutes, si on croit l'édifice théorique chancelant par places, je recommande le traitement suivant : Prendre un ouvrage quelconque d'un économiste orthodoxe (un bon socialiste doit en avoir quelques-uns dans sa bibliothèque), en lire 40 à 50 pages. A la fin de cette lecture, on se sent tellement lassé par la vulgarité de cette prétendue science, qu'on ferme le livre en s'écriant : « Rendez-moi Marx, Lasalle, de Paëpe, Malon, Deville ! » M. Martineau expose donc avec assez d'exactitude une partie seulement, la partie abstraite, des doctrines de Marx : théorie de la valeur, de la plusvalue, etc. Il laisse de côté la partie historique, qui n'est pas la moins intéressante. Sa réfutation n'a rien de bien mystérieux ni de bien nouveau. Elle consiste à rééditer la théorie de la valeur de Bastiat; d'après Bastiat, la valeur résulte de l'échange des services. D'autre part : la valeur d'un objet quelconque est proportionnelle au travail épargné à l'acquéreur.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==