4 LA RE\'UE SOCIALISTE LA LOI DU PROGRÈS I IDÉE GÊ~ÊRALE DU PROGRÈS D'une façon genéralc, on entend par progres tout cc qui semble réaliser un perfectionnement, mais cette expression est plus spéôalement réservée pour désigner l'amélioration des choses humaines. Nous pouYons même dire que le progrés a surtout été cnYisagé et discuté au point de nie politique, c'cst-.\-dirc au point de vue des gouYCrnemcnts et des législations. La notion réelle du progrés est demeurée obscure, mal comprise, tant que les hommes n'ont pas été amenés a envisager l'évolution sociale de l'humanité dans son Yéritablc caractérc organique. Sans doute, les anciens ont bien acquis la notion de la marche de l'humanite et de la succession des phases et des formes diYcrses de gou,·erncmcnts et de ciYilisations : « Tout cc gui appartient a cc monde, a dit Occllus Lucanus, est mobile et changeant; les sociétés naissent, croissent et meurent comme les hommes, pour être remplacées par d'autres sociétes, comme nous le serons par d'autres hommes ( I). » Aristote, en recueillant toutes les constitutions grecques et barbares, en a extrait sa Politique et créé le premier la science politique comparée; il reconnait trois formes principales de gouYcrncments possibles: le gom·erncrnent d'un seul, de plusieurs ou de tous. Pour lui, le meilleur gouYcrnement est celui qui réunirait la monarchie, l'aristocratie et la démocratie. C'est la doctrine de Polybe (2), de Cicéron (3), de Machiavel (4), c'est l'éternelle histoire de la recherche de la stabilité politique par l'équilibre des pouvoirs; mais cette conception de l'idcalpolitique entraine a considercr l'équilibre, le statu quo comme le but à atteindre, comme l'idéal que doivent se proposer les peuples. C'est, en effet, cc que conclut Aristote, c'est cc qu'ont pro- (1) De la Xature de l'U11ivers, trad. Lebatteux. (2) Hist. ge11erale, IV, ch. JI[. (l) République, liv. 1, ch. xxIx et XLV, et li,·. 11, ch. xxIx et xxxIx. (-l) Discoun rnr Tite-Live, liv. 11, ch. JI.
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