106 LA REYUE SOCIALISTE Le mou,·ement contraire ne s'est dessiné que depuis. C'est qu'on était passé Je la phase agricole à la phase industrielle, et comme toute nouvelle industrie, l'industrie américaine réclamait la protection. L'auteur justifie tres longuement cette évolution et remarque que ks conditions économiques sont anterieures logiquement à la législation. Le malheur est que, partout, la législation survit aux conditions économiques qui l'ont fait naitre et que le mort saisit le Yif. C'est une Yicille maladie. Le Yafr Rci•ieiu, dans ses derniers numéros, contient : « Résultats des dernières recherches sur les prix aux États-Unis », par P. \\'. Taussig, « la sou,·crainete d'État aYant Ij89 », par H. Chamberlain, « le but de l'économie politique », par Simon . Patten, « la genése du capital », par J. B. Clarie L'auteur semble diminuer considérablement l'importance de l'épargne prétendue dans la formation des capitaux priYés et montre une tendance à considérer le capital comme une chose essentiellement soci,1lc ou qui doit l'C:tre, en cc sens qu'il implique, pour C:tre mis en Yalcur, une série indéfinie d'opérations et Je tr.1\'aux qui se poursuinont à traYers des générations à naitre et inconnues. - « Politique a l'égard d'Hawaï », par Théodore S. \Voolsey, « comment l'église a traité l'usure », par Henri C. Lea, c< les bureaux européens de statistique du traYail », par E. R. L. Goul<l, cc Jeffersonn et la théorie du contrat social », par George P. Fischer, cc le traYail anglais dans et hors le Parlement», par Edward Porrit. L'article d'E. R. L. Gould, sur les bureaux européens de statistique du travail, donne un lucide historique de la question. L'cnquétc statistique systématique sur les conditions du traYail, par un organe de l'État, est une inYention nettement américaine. F. B. Sanborn, en fit le premier essai dans l'État de Massachusetts. \'ers 1886 seulement, l'.\ngletcrre suivit, an'.c M~L Thomas Brasscy, Bradlaugh, A. ]. Mundella, Giffon. La Suisse fut la seconde nation européenne :\ mettre a exécution l'idée d'un bureau du traYail, sous l'impulsion de la puissante association le Grütli-\'erein. La France ne Yint qu'ensuite, et 11 surtout, le bureau de statistit1ue s'en tint ù une œune purement administratiYe, cc n'est qu'un annexe du Ministére <lu Commerce. Il a pourtant donné des publications hautement appréciées par l'auteur. La Belgique a, depuis anil 1892, un Conseil supérieur du traYail, créé sur des bases un peu différentes : seize chefs <l'industrie, seize représentants ouHicrs, seize membres choisis pour leurs connaissances spéciales, nommés pour quatre ans par le roi. Il ne s'occupe pas de simple statistique. Il étend ses préoccupations et son action a toutes les questions qui intéressent les rapports entre ouvriers et patrons. En Allemagne, le bureau est plutôt une commission impériale qu'autre chose. Sur treize membres, sept sont des représentants
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