La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

2 LA RE\TE SOCIALISTE Le Temps, moniteur officieux Je tous nos gouYerncments, a bien youlu nous assurer que le nounau Président ne Yengera pas les injures Ju ministre tombé; qu'il s.mra renoncer.\ ses allures cassantes d'homme de combat; qu'élu par une majorité purement républicaine (cc qui est au moins Joutcu:-. !) il aura« l'esprit et le cœur plus larges que sa majorité» (numéro du 29 juin). Pour croire à cette métamorphose heureuse, que nous souhaitons bien plus Jans le Jésir <l'épargner a la France une crise tragique que par crainte <l'une persécution profitab'lc à nos idées, nous attendons <lesactes, non des paroks. Si i\L Casimir-Perier demeure, comme quelques-uns de ses amis l'ont impru<lemmcnt proclamé, le prisonnier de son passé, de ses relations, Je ses traditions Je famille, de ses intérêts Je grand proprii:- taire et Je gros actionnaire; si le poids Je son pouYoir perwnncl fait encore pencher danntage la balance en f.1Yeurdes plus forb et <les plus riches; si sa petite cour Je !'Elysée deYient un foyer de concentration bourrreoise et aristocratique contre les J\tstes récl:imations des v , traYailleurs; si son a\·cnement signifie rcaction en matiére politique et religieuse; s'il est une déclaration de guerre à tom ceux qui Yeulent introduire plus de justice, d'ég.1litt'.:et Je libertt'.:Haie dans la socit'.:tt'.: actuelle; nous regretterons, nous qui prt'.:ft'.:ronls't'.:Yolution ù. la Rt'.:rnlution, qu'il diminue les chances de progrés pacifique; nous lui laisserons la lourde responsabilité de commencer contre toute une classe de citoyens cet engrenage de \ iolences OLIont pt'.:ri broyt'.:s tant Je trônes et de gou\·crnements autoritaires; mais nous ne reculerons pas dc\·ant la lutte et, aYcc une fcrrnett'.:paisible, aYec une énergie puist'.:e dans la certitude du succés final, nous dt'.:fendrons, sans mt'.:nagement pour celui_qui du r.1ng de représentant Je la Fr,rnce entiére se rabaisserait ainsi au rôle de chef Je parti, les idées sociales qu'en qualitt'.: d'hommes et de Français nous ayons le droit de propager par la parole, par la presse, par le liYrc, par l'enseignement, par l'association, par tous les moyens que la loi reconnait aux autres doctrines, mieux nies Jans les n:gions officielles. ~ous osons mettre le nouYcau Prt'.:siJent en rrarJc contre les ~ fanatiques et les entrepreneurs de réaction qui Youdraient faire retomber sur une collectiYité innocente un crime commis p,1r un indiYiJu. Au lendemain de l'attentat, les uns ont crié: - Cn Italien a tut'.:M. Carnot. Sus :\ tous les Italiens! - D'.1Utres,h.1bilesà jouer du cadaYre au profit de leurs passions, \'Ont rt'.:pét,lllt: - L'assassin est un anarchiste. Sus donc, non seulement aux anarchistes, nuis à tous les socialistes, quoique ceux-ci n'admettent ni les principes ni les procédés de l'anard1ie ! · Nous protestons contre une confusion dt'.:loyalc,inique, périlleuse

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