La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA RE\'C.:E SOCIALISTE · A son tour, le compagnon Han·cy Yicnt appuyer la résolution de la delegation anglaise. L'cxpcricncc nous a démontré que les grè\'CS partielles réussissent rarement. Le s~1ccès ne peut être obtenu que par une interruption générale du traYail, comme celle organisée l'année dernière par la Nlincr's Fédération. Mais pour ces grèves monstres, il faut être bien organisé et aYoir à sa disposition une caisse abondamment fournie. La grèYc <lel'an dernier a coûté aux mineurs r 2,500,000 francs. L'établissement d'un « liYing wage » est donc une nécessité. Au nom de la délégation allemande, le compagnon Brc<lam Yient demander que le« living wage » soit fixé par la loi. Soutçnus par une forte organisation, les mineurs pcuYcnt arriYcr, à un moment donné, à imposer des salaires co1wcnables; mais ils se les Yoicnt cnlcYCr à la moindre baisse des prix. Les camarades anglais l'ont emporté l'année dernière; aujourd'hui fcurs caisses sont Yidcs, et s'ils aYaient à se défendre contre une agression des patrons, ils succomberaient probablement. Il faut donc que le minimum de salaire, d'après un taux approprié aux conditions spéciales de chaque pays, soit déterminé par la loi. Brodam propose l'amendement suiyant à la résolution anglaise: Le Congrès demande que, dans chaque pays, le minimum de salaire soit fixé par la loi. Apres un discours de Lamcndin, déYcloppant la même th6sc que l'orateur prccédent, l'Assemblée passe au YOte. Tous les Anglais Y0tcnt contre l'amendement de Brodam; les _Français, les Allemands, les Autrichiens et les Belges Yotcnt pour. L'amendement est donc rejeté, la délégation anglaise représentant 6-1-5 ,ooo mineurs et les autres délégations n'en représentant que -1-62, 300. On Yotc ensuite sur la résolution anglaise non amendée. Celle-ci est admise par les Anglais, sauf ceux du Durham et du Northumberland, et rejetée par les autres nations. Elle est, par consequcnt, adoptée à une majorité de 62,700 mineurs représentés. • La rnrprod11ctio11. - Trois propositions se trom·aicnt en présence, celle des Allemands, ainsi conçue: Le Congrès déclare que pour enrayer la surproduction, il y a lieu de diminuer la durée de la journée de travail et d'augmenter les salaires. Il .:onsidère que la surproduction ne sera rendue impossible que le jour où l'organisation sociale capitaliste aura fait place à une organisation sociale fonctionnant pour le bien-être de tous. Cel!~ des Anglais : Le Congrès est d'avis que la surproduction du charbon a poûr cause l'emploi de travailleurs qui ne sont pas du métier et la concurrence des com- ~erçants entre eux. Il décide que_ch.1quc nation mettra en pratique les moyens

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