La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

~!OCVD!D/T SOCIAL portait sur la proposition suivante, introduite au nom des Belges par Maroille, CaHot et Callcwaert : En présence des nombreux accidents qui se produisent dans les mines de la Belgique, le _Congrès décide que les patrons seront rendus responsables des accidents qui atteignent les ouvriers dans leurs exploitations, quelles que soient les circonstances dans lesquelles ces accidents se seront produits. Callewacrt développe la proposition; il établit que, dans ces derniers temps, 200 mineurs ont été tués dans les mines belges, dans lesquelles les mesures de précaution sont negligées et la surYcillancc, organisée par l'État, insignifiante. \Voods déclare que les Anglais considèrent cette proposition comme injuste et pratiquement irréalisable. Lui-même a introduit à la Chambre des communes un « bill » tendant a faire déclarer illégale la clause que l'on impose gcnéralemcnt aux ouHicrs anglais et par laquelle ils renoncent d'a,,rncc à toute action contre les patrons du chef des accidents survenant dans les tra\'aux. Cette proposition a été rejetée par la Chambre des lords. A plus forte raison, cc corps politique refusera-t-il de voter une loi qui dcclare les patrons responsables dans tous les cas, alors mème qu'il serait établi que l'accident n'est pas la suite de leur incurie ou de leur négligence. L'Écossais \Vcir se rallie a l'argumentation de Woods. Il serait souverainement injuste, dit-il, de faire supporter à un patron laresponsabilité d'une explosion de chaudiére déterminée par la négligence ou la malveillance du chauffeur. On passe au vote : tous les Anglais se déclarent contre, et tous les autres délégués pour la proposition Callewaert ; celle-ci est donc définitivement rcjctcc. Le mi11i11111d1ensalaire. - C'est ce que les Anglais appellent le « liYing wage », le salaire pour vivre conYcnablcment. La rcsolution suiYantc est proposée par la délégation anglaise : Le Congrès considère que le seul moy~n pour dctermincr et conserver un « living wage » est l'organisation, et qu'aucune question se rapportant au salaire ne peut être résolue que si les ouvriers ou leurs dclégués sont admis à prendre connaissance des bénéfices, des pertes, des prix de vente, etc. Le compagnon Edwards vient déYelopper cette proposition. Depuis longtemps, mais surtout depuis la grande grcve de 1893, les mineurs anglais sont d'accord pour exiger un « living wage ». Ils considcrent que, pour aboutir, la seule YOie a suivre est d'imposer aux patrons qu'ils ne puissent opérer aucune réduction de salaires sans a\'ertissement. prealable et avant d'aYoir démontré, par la communication de leur comptabilite, que le marché est a la baisse et que la mesure s'impose.

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