LA RE\TE SOCIALISTE « d'oppression. J:i.mais, par exemple, ni dans l'antiquit{'.;, ni d:i.ns « l'ancienne Europe monarchique il n'a exist{'.; de milliard:i.ires : k « milli:i.rtLiire est de c1<ation moderne (r). >i Le socialisme seul, sernblc-t-il, est capable d'enrayer la course à la richesse pour les uns, ;\ la miscre pour les autres, à la mort pour tous, qui caractcrise l'éthique industrielle. Seul il est capable de formes organiques Yiablcs (2). Le point de départ de Ch. Letourne:i.t,1 est l'idée socialiste. La conclusion et le point d'arriYée sont de même l'idée soci:i.liste. L'auteur \'a même plus loin que le socialisme proprement dit, lequel ne comporte pas forcément le progrcs indéfini. Or cette thcse du progrcs indéfini est bien celle de Ch. Letourncau. « Cette pcrspecti\'e d'un « progrcs indéfini, c'est la foi moderne, et cette croyance nom·clle « remplace :i.,·antageusement le mirage des paradis é,·anouis : elle « nous soutient et nous console :i.u milieu des épreuYes publiques et « priYées. ;\OS dcY:i.ncicrs, nous le saYons, ont été plus malheureux « que nous, mais un a,·enir supcricur à notre présent :i.ttend nos des- « ccndants, puisque, t:i.nt que les conditions cosmiques permettront « :i.u genre hum:i.in de durer, il lui faudra acquérir et conqucrir une « somme toujours plus grande de justice et de lumicre, p:i.r suite de « bonheur » (3). On a fait remarquer que la tend:i.nce socialiste, quand clic prend pour point d'appui et pour ressort l'c\'olutionisme rnatéri,1liste, ne semble pas aboutir :\ la doctrine du prqgrcs indéfini. C'est un point sur lequel toute une discussion pourrait a\'Oir lieu. Elle reste en dehors de cette étude sur l'é\'Olution de l:i. morale. Tous ks enfants ont tks pcrcs, mais tous les hommes ne sont p:i.s pcres. De même pourrait-on dire : Tous les c,·éncments ont des antécédents, mais tous les é\'éncments n'ont pas forcément de suite. Il y en a, et en grand nombre, croyons-nous, qui meurent pour :i.insi dire sans postérité. Sans parler de la disp:i.rition de la pl:i.ncte h:i.bitable et de la dispersion tk l'énergie; sans parler même des sociétés qui a\'ortent et de l'a,·ortcment possible de toute société, on peut supposer, pour s'en tenir ;\ l'Europe, une organisation sociale qui ne comporte plus ni déchirements, ni froissements douloureux, ni ré,·olutions sanglantes, mais qui né comporte pas non plus de progrcs, au sens de progrcs indéfini et d'é\'olution morale sans arrêt. Arrêtons-nous au seuil de ces questions qui débordent notre sujet. Le progrcs indéfini est un beau rêrc cxtr,1-scientifique peut-être, mais non anti-scientifique. Cela suffit. (r) L'É,·o/11/io1d1e la morale, p. 388. (2) :\. Espinas, Histoire de l'Éco11011p1oielitique. (3) L'Éwl11tio11de la morale, p. 464. PAL'L BL.QCET.
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