La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LUTTE OU ACCORD POUR LA VIE LUTTE OU ACCORD POUR LA VIE ? DEUXIEME PARTIE LES FACTECRS DE L'i::YOLüTIOX. - PRÉPONDÉRAXCE DE LA LOI D'ACCORD SomrAIRE. - Insuffisnnce de la lutte et prépondérance de ln loi d'nccord comme facteur de l'è"olution et du progri!s. - 1. Démonstration de ln prépondérance de l:i loi d'nccord. Preu\'cs tirëcs: a) de l'histoire nnturclle; b) de l'ethnographie; c) de l'histoire proprement dite. Conclusion sur l'importnnce compnr~e de la hme et de l'accord. - li. L'nccord et ln \'ie. - III. L'accord et l'existence universelle. Des constatations et des inductions que contient notre précédent article, il résulte que la guerre, sinon la lutte sous toutes ses formes, n'a pas, comme facteur de l'évolution, l'importance prépondérante qu'on lui accorde parfois. Elle a eu son utilité, mais elle n'est pas l'ouvricrc essentielle du progrés. Les darwinistes eux-mêmes laisscqt échapper à cc sujet des aYeux précis. Bagehot, aprés aYoir déclaré que la continuité de la ciYilisation est corrclatiYe de la continuité du progrés militaire, limite son affirmation aux temps primitifs et encore à la plupart des cas seulement (op. cit., p. 90). Nous n'ayons pas dit autre chose. Le même auteur, énumérant les causes de la formation des nations et de leur éYolution progressiYe, soit en races bien tranchées (ncgrc, rouge, blanche, etc.), soit en races bien distinctes (spartiate, athénienne, anglaise, écossaise, etc.), cite les facteurs dans l'ordre suiYant : 1° l'imitation et la mode (p. 95-II 2); 2° le penchant à la persécution et l'interdiction stricte des manières détestées (p. II 2118); 3° l'adaptation et la mortalité (p. 118-119); 4° l'établissement d'un pouvoir produisant les usages (p. 149-r'50); 5° la pratique imposée des rites qui portent bonheur (p. 151-15 6); 6° les guerres (p. I 57-159). Il est à remarquer que les guerres sont considérées en dernier lieu. Bagehot oublie bien d'autres causes qu'il est inutile d'énumérer. Mais il indique ailleurs l'union des forces (p. 1 34), la coopéra-

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==