LE SALONDE 1894 son. Le chapiteau est ordinairement dorique, ionique ou corinthien, rarement toscan ou composite. Tout est calcule, compté, mesure d'ayancc, sans qu'un écart soit possible, sans que l'impn'.:Yu Yiennc Jéranger une combinaison. La longueur, la largeur, la hauteur des différentes parties Je l'édifice sont ét(lblics <l'aprés des proportions i1wariables, <leYenues banales et usées. Les dimensions d'une colonne étant données, on peut dire, sans une erreur d'un centimètre, cc que seront l'architraYe et l'çntablement, la frise, la corniche et le fronton. Il ne s'agit plus des nc'.:cessités d'atmosphère, des conditions de Yic sociale, supérieurement comprises par les architectes de l'antiquité. Cc n'est plus aujourd'hui qu'une question de régie et <l'équerre. L'humiditc'.: de notre air désagrégeant la pierre, on découpera, on trichera, on obtiendra les effets <l'ensemble par des armatures de fer cachc'.:es. Le fronton, fait pour dessiner exactement le toit, sen·ira à tous les usages, <leYicndra un dessus de porte, sera appliqué sur un fond. La corniche, détournée de son rôle, sera employée à tout hasarJ, comme un ornement sans utilité. Ce n'est mème pas de l'art grec qu'on s'inspire, de cet art si facile aux adaptations, si habile, si souple. Cet art-là n'a pas encore la rigidité Je règles nc'.:cessaire: il admet que les proportions soient brisées par l'élargissement J'une porte, que la base des colonnes soit grossie et que leur sommet subisse une inclinaison, que les allees de colonnes soient plantées obliquement pour que le regard en enfile la perspcctiYe entiére. ~on, c'est l'art romain qui est proclame impeccable et immuable. C'est cet art, qui a eu sa raison <l'C:tre,cet art des durs faiseurs de routes et d'aqueducs qui ont militarisé la grâce Je !'Attique, c'est cet art d'ingénieurs disparus qui inspire des Français du dix-neuvième siècle. Quand une ncccssitc de coquetterie Yient s'ajouter à cc respect <l'écolier, on enjambe quelques siècles, on n jusqu'à la Renaissance italienne, on mclange les styles et les époques, on recherche les impossibles mariages de lignes, on incruste des colonnes de temple dans des murs Je cathédrale. Il ne s'agit pas seulement des reconstructions, des adaptations, des reproductions <le mosaïques et Je corniches. Cc sont la, pour les éléYes Je l'École, les tra,·aux de <lcbut, les notes de Yoyages. On sait que les professeurs se prononcent furieusement contre l'art dit cc utilitaire », que les compositions sont mal classées lorsqu'il y a eu prcoccupation de l'échappement de la fumce, de l'écoulement des eaux. Mais que l'on passe sur ces exercices, que l'on regarde l'ensemble et les détails des monuments cc modernes » réalisés par ceux qui ont reçu l'enseignement officiel. On sera étonne'.: de voir à quel point !'École continue. Il arriYe même que ceux qui n'ont pas eu de prix, ceux même
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