INTRODUCTIO:-;" A LA « MORALE SOCIALE » INTRODUCTION à la « Morale Sociale >> de Benoît Malon Le liYre de Malon sur la morale sociale n'est qu'une csq1:1isse.C'est lui-même qui, avec une touchante modestie, le reconnait ou plutôt le proclame. Jusqu'ici, dit-il, il ne s'était occupé que d'économie sociale. Mais il a toujours eu le sentiment que le socialisme ne dcYait pas se proposer seulement des fins en quelque sorte matcricllcs, une plus large diffusion du bien-être, mais aussi des fins morales, l'ennoblissement <le la nature humaine. Et cet esprit toujours en tra\'ail, et par cela même toujours en progrès, s'est mis à chercher quel pou\'ait être, quel dcYait être, dans l'ordre socialiste le fondement de l'éthique, la régie de la conduite humaine, l'idéal de la Yie. Et, selon sa méthode ordinaire de consultation historique, il a interrogé rapidement, tout le long des siéclcs, les grandes religions et les grandes philosophies qui ont essayé de résoudre le problcme moral. Il a pu ainsi, tout en rendant justice à toutes les solutions (sauf peut-être à la solution chrétienne) qui marquent les moments de l'é\'olution de la conscience et des socictés, éliminer toutes les conceptions, ou religieuses ou m<'.:taphysiques, qui cherchent hors de l'humanité la règle de l'humanité. Il a pu aussi éliminer les conceptions purement naturistes, c'est-à-dire, si j'entends bien, celles qui, comme l'épicuréisme antique ou l'utilitarisme semi-individualiste de Stuart Mill, abandonnent l'homme isolé aux impulsions de sa nature indi,·iduelle, plus ou moins réglée par la sagesse indiYiduelle, et il a affirmé la morale sociale selon laquelle l'humanité organisée en un tout solidaire deYient à la fois le principe et la fin de la conduite morale. (1) Alcan, eùiteur (Paris) et librniri~ de la ReuucSocialiste.
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