La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

RE\'UE DES LIVRES d'institutions modernes, voilà le résumé du i;rouvernernent en Sicile: , ' ~ usurpations légales, dénis de justice, impositions exhorbitantes et arbitraires, fonctionnarisme r.apace et déprédateur. Nous regrettons de ne pouvoir citer tous les petits faits wrieux que donne l'auteur dans ses notes. Ils excéder ..ient les bornes de cette analyse. ,< Rien de changé» depuis l'enquête parlementaire de 1875, depuis les révélations de Sonnino et de Franchetti en 1876, depuis le livre de l'auteur" la Criminalité en Sicile» en 1885, depuis les nouvelles enquêtes de' 1893 et de 1894. C'est la triste constatation faite dans le chapitre IX. Le chapitre X e;;t intitulé : « Faciles prophéties. » De la connaissance des précédents et des conditions sociales et politiques de la Sicile, il est facile de tirer des prophéties, s,ins risque d'être démenti par les événements : le péril d'une révolution agraire en Sicile est permanent, et celui, si l'on n'y prend garde, d'une véritable guerre sociale au cri de « Mort aux Galantuomini. » Les encycliques de Léon XIII et les mandements pastoraux de Monseigneur Guttadauro, évêque de Caltanisetta, n'y feront que peu de chose. La résistance fanatique des classes .dirigeantes aux réformes, appellera, malgré les récents massacres, la Révolte permanente. " De la provocation à la répression. 1' D2ns ce chapitre, le XJ<l, l'auteur note le rôle qu'a joué la provocation policière dans les massacres récents_ C'est un détail qui se reproduit avec une monotonie meurtrière dans tous les pays, en circonstances semblables. Après avoir exposé les évènements de 1893 et du commencement de 1894, l'auteur résume la résultante des faits: c'est« la Réaction,» objet du chapitre XII. A cette réaction formidable par les moyens dont elle dispose, devra s'opposer, après l'arrestation de de Félice, de Bono, de Montallo, quoi? L'auteur semble ici désespérer. Une véritable Jacquerie semble. imminente. C'est bien, en effet, la conclusion du Dr Napoleone Colajanni, quoiqu'il s'en défende; les réformes possibles qu'il énumère d'après Domat et Wilouboff, l'essai de politique expërimentale que faciliterait la forme insulaire de la Sicile sont tombés à l'eau avec les dernières répressions sanglantes. D'un autre côté, pas de parti socialiste en possession, comme en Allemagne, d'une <doctrine et d'une organisation ferme. Reste la Révolte à bout de patience. Et l'auteur en revient à comparer la Sicile .de 1893 à la France d'avant 1789. Il rappelle les réflexions de Tocqueville, il évoque les tableaux de Taine. C'est une ·photographie anticipée de ce qui se passe et surtollt de ce qui va se passer en Sicile. D'autant plus que les difficultés finan<:ières où se débatl'ltalie sont peut-être encore plus graves que celles qui ont déterminé la chute •de l'ancien régime en France. Et, comme le remarque justement l'auteur en terminant, si l'Itali(actuelle a ses Maurepas, ses Calonne, ses I

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