566 !..\ REVUE SOCIALISTE qu'il sera de\·enu vieux, et que le patron aura exprimé toute la force de travail existant en lui, qu'il ira mourir à l'hôpital ou sur la \'Oie publique. La Bible dit: Vous gagnerez votre pain. mais non le pain, le vin, les bijoux. les objets de luxe des patrons 0u des actionnaires, etc .... La sueur du pauvre ne doit pas alimenter la débauche du riche .... Et cependant lagentd'Eglise comme ]agent économisteesttoujours la fidèle ancilla de !'Argent. Et M. de Mun est le soutien de M. Casimir-Périer d' Anzin. Politiciens et ministres sont toujours pénétrés du mot de Guizot : <, Le travail est un frein, une bride pour la classe ounière >'. - Et Léon Xlll dans son plaidoyer cicéronien Jll'O conditione OJ1ific111n n'a su faire que de la rhétorique redondante pour masquer sous un voile de charité son manque de justice à l'égard des 011\Tiers. c'est-à-dire des seuls créateurs de la richesse. L'âme ne peut être élue, ne peut être sauvée que par la grâce de Dieu. L'ouvrier ne peut ètre élu, ne peut être relativement heureux que par la gràce du patron. Le pape semble avoir oublié la claire énergie de la langue latine, et ne parait pas se douter que tout le programme socialiste peut se déduire dn mot latin signifiant : ouvriers: opi{tti•s : littéralement : créateurs des richesses. Mais revenons à la journée de huit heures. Etant donné le développement continu de l'outillage mécanique, elle suffirait amplement aux nécessités de la production. et permettrait d'employer régulièrement la plupart des travailleurs valides. Elle aurait pour premier effet de supprimer les chomages et ,d'ounir les portes des ateliers aux ouvriers sans travail. Elle amènerait une hausse des salaires en prévenant la concurrence au rabais que font aux ouHiers occupés les ouvriers inoccupés. Elle bénéficierait an petit commerce qui pourvoit aux besoins dei ouvriers. en augmentant les moyens d'achat de ceux-ci. Elle permettrait au producteur ouvrier ex;ténué par un travail de plus en plus monotone, malsain et dangereux de réparer ses forces. Elle lui accorderait de vivre de la vie de famille, de se développer intellectuellement et de remplir sciemment ses devoirs politiques. Bref, augmentation de la production et des salaires, c'est-à-dire de la consommation et des jouissances humaines, et élévation morale des ouvriers, voilà, d"après toutes les statistiques rai:.onnées, d'après les essais individuels déjà tentés par des patrons avisés, - les avantages. qui résulteraient de la mise en pratique de la journée de huit heures, laquelle est Je maximum que l'on puisse exiger sans détriment pour la vie et la santé morale et physique des ouvriers. L'on connait les objections courantes de nos dirigeants contre la jonrnée de huit heures : concurrence étrangère, atteinte portée à la puissance économique de la France, traités de commerce, etc._.. Il faudrait pour la solution des questions ouvrières, une législation interna-
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