La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA RF.VUE SOCIALISTE sible que d'exterminer en masse ses défenseurs. Combien n'a-t-on pas • tenté, par exemple, de ces réfutations radicales et absolues du socialisme qui a,·aient la prétention d'être des Saint-Barthélemy théoriques et qui, pour avoir voulu anéantir d'un coup l'utopie, n'ont fait que lui conserver une place mieux marquée et une attitude plus hostile dans l'ensemble des doctrines? Ne nous lassons point de tenter un rapprochement -sinon entre les homm~s et le, coryphées des théories, du moins ~ntre les idées mêmes qui sont ouvertes les unes aux autres comme les espaces où se joue une même lumière. La crise sociale et politique d'aujourd'hui peut être la santé de demain: l'humanité n'avance pas autre.ment et, quand il s'agit de doctrines, la véritable vis 111cdicafrix n'est pas dans la nature, elle est dans la science. La France a été malade la première et sa maladie a été plus violente: c'est à elle qu'il appar- • tient de montrer que, pour un peuple, le secret de se rajeunir est de savoir s'accommoder aux milieux nouveaux, aux nouvelles conditions d'existence créées par le développement de ces forces souveraines et toujours mouvantes : les idees. » Mon intention première était de résumer largement, en l'appréciant, le liHe de M. Fouillée; mais j'ai cru mieux faire en l'analysant et en le suivant pas à pas. D'ailleurs les idées sont en si parfaite concordance avec les miennes, que les quelques observations que j'ai présentées au cours de cette étude suffisent pleinement à ma critique, et j'ai pensé que le lecteur connaitrait rnieux ainsi l'œuvre que j'ai tant goùtée et en tirerait plus de profit. Je serai complètement heureux, et mon but sera entièrement atteint si j'ai réussi à donner à quelques-uns le besoin de lire cet ouvrage qui mérite d'occuper la première placi dans toute bibliothèque. o. DEMER.

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