-- LA PROPRIÉTÉ SOCIALE ET LA DEMOCRATIE société est la cause d'injustices nombreuses et le bien, si grand qu'il soit demeure insuffisant, car l'injustice ne peut jamais être réparée qu ·en partie, d'où la nécessité de la justice ,,éparative. « La vraie société, pour réaliser l'idéal de justice contractuelle que poursuivent les nations modernes et qui est le type mème du droit, devrait être un contrat d'association entre des hommes libres et égaux. Cette société selon l'idéale justice est-elle la société de fait ?Non, les justes conditions du contrat social ont été altérées par deux sortes de causes qui dépendent, les unes de la fatalité naturelle, les autres de la liberté humaine .... C'est à la liberté de réparer, autant qu'elle le peut, les maux de la fatalité, à plus forte raison de réparer le mal fait par la liberté mème. Rétablir ainsi les conditions rationnelles du contrat social, tel est le but suprême de l'idéal de la justice réparative. >' Je voudrais pouvoir reproduire ici intégralement les vingt pages admirables que M. Fouillée a écrites à ce sujet : toutes pleines d\m sentiment pur et élevé, le sentiment de la plus grande justice unie à la plus grande bonté. La justice réparative doit être exercée par l'individu d'abord, par la société ensuite. La fraternité doit avoir les traits et le langage de la _justice; celui qui oblige doit être l'obligé, c'est lui, en effet, qui demande un service. ,< Quel plus grand service peut-on rendre à un homme que de lui fournir.l'occasion d'un acte de désintéressement et de liberté vraie ? C'est à la fraternité ainsi entendue qu'il appartient, en premier lieu, de réaliser la justice distributive, mais par voie de liberté et non plus d'autorité. Elle doit prendre en second lieu, l'esprit de la justice commutative, elle doit se proposer de faire non un pur don. mais un simple échange, " La fraternité se transforme en justice contractuel le. La fonction réparative incombe à tous les membres de la société; elle est du ressort de l'action collective et doit être exercée par l'Etat: cette réparation est un devoir de tous envers tous. Le meilleur moyen d'exercer la justice réparative et la bienfaisance publique, c'est l'instruction universelle obligatoire et gratuite, car la volonté est le fondement moral du droit et il n'y a pas de volonté sans intelligence. li semble en lisant ces pages, que M. Fouilée eùt dù insister davantage sur le côté éducatif de l'instruction; mais c'est à ce sujet qu'il annonce l'examen ultérieur de ces questions difficiles et nous les retrouverons traitées, en effet, dans la proprieté sociale et la démocratie. Plus tard encore, M. Fouillée nous donne, dans la ps.ycbologic des idées foras une grande et belle étude de la Volonté, sans laquelle l'homme n'est qu'un jouet de l'indifférente Nature. Cette instruction que demande M. Fouillée doit être professionnelle et civiqu~ ; elle doit enseigner aux enfants leurs droits et leurs
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