LA GRÈVE DES MINEURS 41 ordinaire. Il y avait donc bien eu surproduction, comme l'a écrit M, Dubar, d'où la baisse des prix et l'intérêt évident pour les Compagnies de pousser à la grève. Si nous sommes entrés dans tous ces détails, c'est qu'il nous a paru utile de rechercher à qui la grève devait surto.,t protîter. Gràce aux journaux amis des Compagnies, cette opinion s'est accréditée dans le public que la grève avait été voulue et fomentée par les délégués du syndicat, ,< cabaretiers pour la plupart. » Nous ne Yoyons pas quel intérêt les délégués auraient eu à engager leurs camarades, contre leur volonté, dans un pareil conflit. M. Jonnart a bien dit à la tribune de la Chambre que dans les cabarets tenus par les délégués du syndicat, on vend de la bière et ·du genièvre, mais pour que des cabarets fassent de brillantes affaires, il faut au moins que les clients qui les fréquentent aient de l'argent à dépenser. Or, les mineurs sont plus riches lorsqu'ils trarnillent que quand ils chôment. Il est donc probable que les délégués cabaretiers n'ont tiré que de maigres bénéfices de la grève, si tant est qu'ils en aient tiré. En revanche, les Compagnies. en se débarrassant de leurs stqcks, ont trouvé dans le chômage un réel avantage. Ne serait-ce pas le cas de répéter l'adage connu : Is fecit qui JJl'Orlesl? et ne faudrait-il pas conclure à la responsabilité entière des Compagnies dans le conflit économique qui, durant sept semaines, a désolé nos bassins houillers du Nord et du Pas:de-Calais? En ce qui nous concerne, nous n'hésitons pas à adopter cette manière de voir et à considérer, par conséquent, comme légitimes et fondées toutes les plaintes émises par les ouvriers et formulées en revendications par Je Syndicat la veille de la grève. D'autant que cette opinion nous permet d'expliquer l'acharnement des Compagnies et leur refus absolument net d'accepter l'arbitrage. Dans notre prochain article, nons exposerons, d'après des renseignements recueillis par nous-même auprès des ouvriers, les moyens auxquels les employeurs ont pu avoir recours ponr créer insensiblement la baisse d~s s:i.lairès et déchainer la grève. Puis, pour finir, nous présenterons un historique impartial du conflit. Camille LESPILETTE. En·atn,n. - On m'a fait dire dans mon précédent article, page 661, ligne 5 : ... Elles avaient été formulées dans un Congrès des délégués du Syndicat tenu à Paris ... C'est : tenu à Lens qu'il faut lire.
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