LA REVUE SOCIALISTE qu'un certain nombre d'entre eux abandonnent la partie. Au besoin elles y aideront . Les porions, les gendarmes et les soldats sont là pour qu'on s'en serve. Le samedi, 30 septembre, la troupe intervient pour la première fois à Drocourt. Gendarmes et dragons chargent, sabre au clair, un groupe de grévistes qui se sont portés vers les puits de cette concesi;ion où on annonçait qu'un assez grand nombre d'ouvriers belges étaient disposés à reprendre le travail. Les manifestants sont vigoureusement ramenés jusque dans les rues d'Hénin-Liétard, à deux kilomètres de distance. Deux grévistes dont un jeune homme de 18 ans, Alexandre Petit, sont grièvement blessés. Petit a un poignet profondément entamé par un formidable coup de sabre. Ce même samedi 30 septembre, dans un grand nombre de compagnies, les porions, accompagnés de gendarmes, parcourent les corons, invitant les ouvriers à se rendre à la mine le lundi, et leur certifiant qu'iis seront protégés. De plus les créatures des employés et les adversaires du syndicat qu'on avait laissés chez eux depuis deux semaines reçoivent l'ordre de reprendre le travail. Malgré tous ces efforts, malgré la charge meurtrière de Drocourt, très peu d'ouvriers se présentent dans les fosses le 2 octobre. Le 5, les Compagnies accusent 1187 descentes pour tout le bassin houiller. On commence à s'inquiéter en haut lieu. Est-ce que ça serait sérieux par hasard? Pendant la semaine qui suit, les porions continuent, sans interruption, leurs visites à domicile. Un gendarme les accompagne toujours. Cette fois, l'employé de la Compagnie n'invite plus, il menace; puis, il promet monts et merveilles. Le mineur se défend comme il peut. Il n'ose pas dire: non, tout crûment; son affaire serait claire après la grève. Il paraît hésitant, joue son rôle de son mieux . Il faut bien faire comme les camarades : On ne peut pas passer pour un traître. Et puis il y a des patrouilles de grévistes le long des routes, et il ne se soucie pas de se faire assommer etc., etc .... Tout cela, c'est pour la frime. Dans le fond notre mineur est pour la grève. Mais le moyen de le dire, et de mettre le porion à la porte. - Enfin conclut celui-ci, tu veux bien travailler? Eh bien, je t'attends demain ou lundi, j'ai ton nom. Et n'aie pas peur, on viendra te chercher. - Et Pandore opine du bonnet. L'ouvrier ne dit ni oui ni non. D'ici au lendemain, il trouvera un prétexte. Les cJ.marades du village voisin seront venus crier : vive la \ grève! dans les corons, frapper aux porks. Au besoin, il leur fera dire de venir. Après cela il sera bien permis d'avoir peur et de manquer de parole au porion. Les chefs des sections sont renseignés sur tout ce qui se passe, par les intéressés eux-mêmes. Ils vrganisent des patrouilles, prl!parent,
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