LA REVUE SOCIALISTE toire du prolétariat minier, une étape nouvelle, en arrière de laquelle on ne pourrait ramener le mineur, sans courir le risque d'évènements dont ont doit prévoir, en haut lieu, la gravité et les conséquences probables. La lutte est donc engagée d'un coté, il y a 43.000 ouvriers derrière lesquels se groupe toute une énorme population de femmes, d'enfants et de vieillards. A l'avant-garde de cette formidable armée de prolétaires, le syndicat représenté par ses chefs : Basly, Lamendin, Evrard, Malagie et tous les délégués des sections. Suries flancs, deux journaux quotidiens : le Réveil du Nord, l'organe officiel du syndicat, et la Petifl! Riljmbliqne, les seuls qui aient fait campagne, du commencement à la fin de la grève, en faveur des ouvriers. Comme ressources l'encaisse du syndicat s'élevant à environ 200.000 francs aux quels on ne touchera pas d'ailleurs, la somme étant trop peu importante, vu le nombre des grévistes, pour être d'un secours appréciable. De l'autre côté, il y a les quatorze Compagnies du bassin houiller avec leurs employés et leurs mouchards, leurs millions, les faveurs de toutes sortes dont elles disposent et les terribles représailles qu'elles peuvent exercer. Derrière elles, on aperçoit le gouvernement lâchant sa police, mobilisant ses gendarmes et ses soldats, donnant ses instructions à son préfet et à ses parquets. Puis, aboyant tout autour, menant un tapage d'enfer contre le syndicat, contre Basly, contre Lamendin, contre tous ceux qui tiennent une place dans l'association ouvrière, injuriant, calomniant à plume que veux-tu, toute la meute des journaux bourgeois aux ordres du ministre de l'intérieur et des puissants personnages du capital. Les mineurs n'auront des chances d'avoir le dessus que si le syndicat réussit à maintenir l'union entre tous les grévistes et à faire durer le chomage assez longtemps pour fatiguer les Compagnies et les atteindre sérieusement dans leurs intérêts. Comme moyens d'action, il a les conférences, les visites à domicile, la surveillance des routes et des carreaux de fosses. Mais les compagnies comptent sur M. Dupuy et il n'est pas douteux qu'elles soient résolues à s'imposer des sacrifices considérables et à résister jusqu'au bout. Nous avons dit ailleurs quels avantages elles y voient. Qµant au gouvernement, il prend déjà ses mesures pour entraver la propagande des grévistes. Ce sont les gendarmes et les soldats qui,seront chargés de cette besogne. Or, des gendarmes et des soldats, il en a mis partout. Voici l'effectif des troupes réunies dans le bassin houiller du Pas-de-Calais, huit jours après la déclaration de la grève et leur répartition:
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