LA REVUE SOCIALISTE industriels et commerciaux se restreint, dans la même proportion 1a liberté ma·nchestérienne se circonscrit, la concurrence se rétrécit. Pour étayer cette affirmation, pour légaliser par anticipation le décès imminent de la liberté, le suicide du laisser faire, laisser passer, nous citerons l'exemple plus probant encore des pays des Trusts, des Rings, des Cartels, où la concurrence est définitivement étranglée par l'établissement des monopoles. <2!,1'entend-on par Trust, etc.? C'est un syndicat de capitalistes monopolisant la production de telle ou telle branche d'industrie. :Un pareil syndicat se réalise parfois comme aboutissant de la concurrence, qui finit par écraser tous les moindres producteurs au profit du dernier vainqueur, absorbant toute la production. Le plus souvent il s'établit par l'entente; lorsqu'il ne reste plus sur le champ de bataille économique que quelques firmes puissantes, bien outillées, au lieu de continuer la lutte jusqu'au bout, elles se tendent la main et se fusionnent pour monopoliser la production, mettant ains! un terme à la concurrence, la grande loi Smithienne et accaparant le marché national ou international même. Rappelez-vous le Trust du pétrole, comme syndicat de production . étouffant toute lutte entre capitalistes, dans cette branche industrielle, reniant Ies pères de l'Economie politique classique. Les Etats-Unis sont le pays de prédilection des Trusts; c'est en effet, la nation économiquement la plus avancée sur la route du processus capitaliste. Enumérons-y les monopoles du sucre, du charbon, du coton, du café, du caoutchouc, du bois, de l'huile de lin, etc. L'Allemagne compte aussi de nombreux monopoles : l'Union des laminoirs de cuivre, l'association Rhénane-Westphalienne du fer brut, le syndicat du plomb, du zinc., de la soude, du potasse, de la céruse, etc., l'Union des fabriques d'huile. l'Union des brodeurs de Saxe, l'Union des tissus du Sud, etc. Une constatation assez exacte qui a été faite, c'est que l'établissement de droits protecteurs favorise l'éclosion de ces coalitions de capitaux. En interdisant l'accès d'un territoire donné aux produits étrangers par les tarifs de douane, on assure - dans le moment d'accalmie qui succède passagerement à cette interdiction - des bénéfices considérables à la production indigène, débarrassée de la concurrence étrangère. Alors le capital, qui se tient constamment à l'affût des profits, ne manque pas de se jeter immédiatement sur l'industrie protégée, qui donne un rendement si grand de dividendes. De là, résulte une tension de la finance nationale pour monopoliser cette industrie avantageuse; les capitaux y affluent, des sociétés s'organisent; la concurrence redouble avec une rage sans pareille et provoque l'écrasement des moindres grands capitalistes. On a essayé de déduire de ceci, la conclusion qu'il suffisait pour combattre efficacement et empêcher ces associations de capitaux, de
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