LA CONJONCTURE CAPITALISTE 399· leurs gisements, de leurs mines, étendue énorme de la portion du globe sur laquelle, par une sorte de droit d'aînesse ou de juvénerie, se déversaient leurs produits (le great Empire des Anglais), développement extraordinaire de la technique industrielle, esprit d'initiative fortement développé, tels étaient les principaux facteurs qui avaient permis aux travailleurs de ces pays de se rire du capitalisme. Mais survient le phénomène que je signalais tantôt : l'équipement économique des pays récemment civilisés ; l'Angleterre va se voir bannie non seulement des frontières de ces pays, mais encore d'autres territoires où elle est supplantée par ses jeunes rivaux. Elle est frappée à l'endroit sensible, à la poche ; ses conditions de production vont se transformer ; les idées vont changer également. Voici quelques chiffres pour l'Angleterre : Dans le mouvement d'exportation, il y a eu, comparativement à l'année 1892, pendant les dix premiers mois de 1893 une diminution de 5,632.835 livres sterling. - Pour le premier semestre 1892, la somme s'élevait à 111.861,002, pour la mên,e période en 1893, à 107.777.940 livres sterling. Deux statistiques plus spéciales, se rapportant toujours à l'Angleterre ; l'exportation des fils de coton s'élevait pour le premier semestre de 1891 a 2-408.918.900 yards 1893 à 2. 100.9~6, 100 id. La Chine restreignit son importation, pendant les 6 premiers mois de cette année (1893) comparativement à la même période de l'année (1) Les extraits suivants d'une correspondance de notre corrèligionnaire Sanial, parue dans le Peuple du 26 janvier vont nous permettre d'apprécier la richesse des Etats-Unis. Ce pays est parvenu u à absorber, dans les treize dernières annees, plus de sept millions d'émigrants europeens, c'est-à-dire une force productive et intellectuelle égale à celle de la Belgique entière, augmentèe de la Flandre française ..... Un pays où la fortune s'élève à .350 millions de francs et où le capital, après avoir entretenu ses possesseurs dans un luxe impérial, s'accumule à raison Je 15 milliards par an, un pays dont les ressources annu~lles sont si étendues, variées et inépuisables, qu'il pourrait aisément et en tous temps maintenir dans l'abondance une population quadruple de la sienne; dont les produits agricoles, sur une surface cultivée à la vampire et comprenant à peine la sixième partie de son territoire arable, représentent annuellement une valeur de 20 milliards; dont les mines de toutes sortes, à peine encore cffieurées ou connues, donnent à leurs propriétaires un rendement annuel de .5 milliards, égal à huit fois la somme que les ouvriers mineurs reçoivent en salaire j dont les forèts exploitées à la Vandale et sans aucun regard pour les besoins des génerations futures, • ajoutent au revenu des monopolisateurs terriens une somme ègale au rendement des mines; dont les édifices l)ouveaux - maisons. entrepôts, palais, etc. - érigés en 1892 coûtaient 4 milliards, dont. les chemins de fer, bateaux, navires et agences de transport prélèvent pour leurs services une somme dépassant 8 milliards, et dont la banqu~, le commerce petit et grand, et en général toute la vermine intermédiaire ajoute au moins, pour son propre compte, .50 o/o au prix de tout ce qu'elle touche ou re;;ardc; dont ics fabriques jettent sur les marchés, bon an mal an, des produits manufacturés pour une valeur de 40 milliards ...
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