La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE crites sous forme de cotisations hebdomadaires par les mineurs qui avaient repris le travail, certains districts ayant envoyé à la caisse centrale jusqu'à 1,5ooet 2,000 livres (37,500 et 50,000 fr.) par semaine. Je rappellerai que les souscriptions du public, recueillies par la Dai~)' Chronicle ont dépassé 300,000 fr. et par le Sun 125,000 fr. Voilà un bel exemple de solidarité sociale. La Cham/1re des Lords et la Démocratie. - La Chambre des Lords fait en ce moment beaucoup r,arler d'elle, et je crains bien qu'elle ne se repente bientôt d'avoir trop attiré l'attention sur le monstrueux privilège dont la Constitution l'a investie. Il est vrai qu'elle a fait une sorte d'amende honorable en revenant sur ses pas, mais j'espè1e bien que cela ne la sauvera pas de la réforme radicale qui est en ce moment à l'ordre du jour. On se rappellera que la session d'automne avait été spécialement convoquée pour la discussion de deux bills très importants qui, après le Ho111eRule Bill, figuraient d'une façon proéminente dans le fameux programme de Newcastle. Ce sont : 1 ° Le bill relatif à la responsabilité des patrons en cas d'accidents ( Employers' Liaiblity Bill) ; 20 le bill concernant la création de Conseils paroissiaux ( Pa risb Cou11cilsBill). Le gouvernement avait réussi à faire passer ces deux mesures par la Chambre des Communes, à la grande satisfaction des radicaux en général et des trades 11nio11s en particulier, malgré une obstruction scandaleuse et cynique de la part des Tories, renforcés par les soidisant libéraux-unionist.es. C'est que ces deux mesures portaient un cachet démocratique. contenaient un levain de progrès, grâce auxquels la majorité libérale hétérogène se trouva cimentée. Mais il arriva ceci, c'est que la Chambre des Lords (qui n'est en somme qu'un club tory d'environ 500 membres dont une trentaine à peine sont des libéraux) mutila tellement ces deux bills que lorsqu'ils revinrent à la Chambre des Communes. ils n'étaient plus reconnaissables. Là-dessus un toile général s'éleva contre la Chambre des Lords; de nombreux meetings eurent lieu où l'on ne demandait rien moins que son abolition. Les lords l1béraux-uni,)nistes virent qu'il devenait dangereux de trop tendre la corde et lorsque le bill des accidents revint devant la Chambre des Lords à très peu près dans son état primitif, ils votèrent avec le gouvernement contre Lord Salisbury et réussirent à rétablir le bill dans sa quasi intégrité excepté sur un point vital, à savoir : la « contractingout >'. Ce qui va suivre expliquera cette clause. Tout d'abord la Chambre des Communes avait voté que le bill sur les accidents ne contiendrait aucune disposition facultative permettant un colltrat avec leurs ouvriers dans le but de se retirer des griffes de la loi. La Compagnie de Chemins de fer du London a11d No1·tb Westera

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