LA QUESTION SOCIALE DEVANT LES CORPS èLUS 347 débat, un certain nombre de constatations significatives. L'autre jour. pour nous répondre, l'honorable M. Rouvier a été obligé de faire l'éloge éclatant de la spéculation tout entiere ... M. Louis BARTHOU-. Vous protestez contre la spéculation. et des discours co111111le vôtre ne font que la favoriser en prolongeant la discussion. (Trés bien ! tres bien !) M. ]AURÈ.S.. et 111aintenant, pour nous co111battre, vous êtes obligés de nier toutes les plaies morales de l'ordre social actuel. (Bruit au centre. -Très bien!· très bien ! à l'extr.ême gauche.) L'honorable M. Léon Say nous a dit: Com111enl ! c'est après des prémisses si vastes que vous nous apportez cette conclusion aussi minime: le monopole de l'importation des blés! Qge M. Léon Say se rassure! nos conclusions seront aussi étendues que nos pré111isses; nous avons entrepris contre l'oligarchie financière, contre l'oligarchie capitaliste et patronale sous toutes ses formes une lutte que nous continuerons pied à pied, à propos de toutes les questions. Si nous vous apportons aujourd'hui cette solution sur la question des blés, c'est parce que ce débat est 11l'ordre du jour. Cette solution a pour nous une valeur pratique et i111111édiate.Elle donne une sanction efficace à ce que vous avez voulu. Lorsque vous êtes passés à la discussion des articles, vous avez affirmé par cela même trois volontés essentielles: protéger efficacement le producteur de blé dans la 111esureOll il doit être protégé, empêcher que cette protection n'aboutisse à des lnusses de fa111ine, - c'est la raison du droit gradué descendant proposé par la commission tles douanes, - et enfin mettre obstacle aux exces de la spéculation. Eh bien ! si nous soutenons notre proposition, c'est parce qu'elle nous paraît réaliser seule le triple objet que vous vous proposez; c'est parce qu'il est temps que vous ne reveniez pas devant le paysan de France les mains vides, avec des votes inefficaces. (Rumeurs à droite et au centre. - Très bien ! très bien! à l'extrême gauche), avec des votes illusoires dont le passé a déjà montré l'inefficacité, qu'un avenir prochain démontrera encore. Ah! je sais bien; vous voteriez peut-être notre projet s'il n'aait pas inspiré de l'idée socialiste. (Non! non! à droite.) Vous nous dites: C'est un commencement, un engrenage. nous ne savons pas où vous nous conduirez ... M, le comte de MAILLF-. Vous n'ètes pas si important que cela ! M. JAURÈ.S.. et vous faites cette constatation devant le paysan de France que telle est votre hostilité systématique aux conceptions socialistes, que vou, préférez sacrifier les intérèts du paysan que donner à cette conception une première satisfaction (Interruptions sur divers bancs. - Très bien! très bien! à l'cxlrl!me gauche.) Voilà pourquoi nous insistons pour que notre contre-projet soit adopté. Si nous y insistons encore, c'est parce que c'est une des propositions nombreuses qui se produiront successivement ici et par lesquelles l'oligarchie capitaliste qui s'est emparée de notre société sera b:ittue en brèche par nous. (Vifs applaudissements à l'extrême gauche.)
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