LA RE\"UE SOCIALISTE ANCIENS CONSEILS .. Avant tout, y a-t-il une question sociale? Ce doute n'est pas aussi insensé qu'on pourrait le croire. Je connais des économistes purs qui déclarent que la question sociale n'existe pas, et des politiques académiciens qui affirment que socialisme est un mot vide de sens. Il semble même que nos hommes d'Etat ne soient pas loin de partager cette opinion aussi commode que rassurante, à voir la quiétude avec laquelle ils ont profité de la restauration du régime constitutionnel pour jouer aux quatre coins parlementaires, sur ce radeau que le moindre coup de vent peut faire chavirer. Députés, s~nateurs, conseillers d'Etat, industriels, financiers, agioteurs, tout ce monde d'officiels et d'officiants de toute espèce qui s'ébat à la surface de la société, n'a pas l'air de se douter qu'il a sous ses pieds des couches humaines qu'une tempête commence à soulever. S'ils ressentent parfois quelque secousse, ils se contentent de pousser un cri de fureur : les plus calmes haussent les épaules, et tous se remettent à intriguer, à trafiquer, à se chamailler, à se disputer l'argent, les places, les honneurs, la puissance, comme s'il n'y avait absolument rien de vivant sur cette terre que leurs petits intérêts, leurs petites coteries, leurs petites personnes et leurs petites passions. Quand on leur dit : « Prenez garde ! vous ne comprenez pas votre époque ; vous ne vous rendez pas compte des besoins à satisfaire, des problèmes à résoudre ... >' - « Bah ! répondent-ils, il n'y a pas de problèmes; il n'y a que des appétits. Des pauvres qui veulent être riches! Cela s'est vu dans tous les temps, il y a bien, en effet, aujourd'hui, un débordement exagéré de convoitises ; mais la société se cléfendra ..... >'
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