La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA DIVISION DU TRAVAIL ET LA CIVILISATION 331 heures avec une pointe de paradoxe. Cela ne suffit-il pas? - Un beau livre? Je n'oserais aller jusque là. La composition, je l'ai fait pressentir au début de cette trop longue analyse, en est surtout au commmencernent embarrassée, confuse ; le développement traîne en longueur et parfois l'on regrette de trouver l'auteur trop fidèle à lui-mème et aux habitudes d'esprit de la profession. - Beau ? Non. L'auteur ne domine pas suffisamment sa matière. La belle merveille qu'on ne soit pas, tout jeune encore, philosophe profond et jurisconsulte consommé, historien, sociologue, économiste, que sais-je? Qu'on ne connaisse pas à fond, les mœurs, le droit, l'histoire de l'Orient et de l'Occident, des peuplades barbares et des grandes nations civilisées! - L'auteur n'a pas ses idées générales encore bien arrêtées ; manifestement la fermentation continue avec des tiraillements en sens contraire. Ce livre, aux tendances à certains égards si franchement mécanistes, paraît sous le patronage de M. Boutroux. Il reste que l'œuvre n'en est pas moins une œuvre de mérite, avec son originalité réelle. Qpelque difficile que soient à mener à bien les spéculations sur le secret de la vie des sociétés, il est certain que notre scienc, Occidentale ne peut se dérober à cet :effort. L'Associationisme moderne lui a mis entre les mains un nouvel instrument d'analyse, puissant et commode et de nature à faire trouver de la réalité de nouveaux symboles. M. D., qui est un vaillant ne reculant par devant la grosse et acharnée besogne, a rêvé d'être un puissant ouvrier de la première heure. Là est son mérite. M. D. est de plus un logicien intrépide, ·un déductif subtil. Sa lecture est considérable. Chez tous ceux qu'intéressent les études sociologiques, la lecture de cette thèse,qui fait honneur à l'Université, ne peut manquer de faire naître l'impatiente attente des œuvres de la pleine maturité de l'auteur. G. PLATON.

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