L' IN~TRUCTION CANTONALE ET LA DÉFENSE DU TERRITOIRE 27 I supportent impatiemment le joug de nos vainqueurs et n'ont pas abandonné l'espoir de faire retour à la mère-patrie. Nous pourrions répondre que les transformations que nous proposons, ne réduisant nullement l'effectif de nos armées de campagne, ne s'opposent en aucune façon à une attitude offensive. Pourtant nous préférons croire que l'évolution sociale qui se poursuit à l'heure actuelle, auss: bien en Allemagne qu'en France, peut amener, sans effusion de sang, la solution de la question d'Alsace-Lorraine. Qu'importent les déclarations chauvines dont on accuse parfois les chefs du socialisme allemand! la logique des idées saura briser les résistances individuelles, et entraînera inévitablement la réalisation de nos espérances, et rendra aux populations annexées la libre disposition d'elles-mêmes. Les adversaires du socialisme seraient d'ailleurs mal fondés à nous reprocher de n'attendre que des évènements la restitution désirée; car dès que l'idée de revanche qui sommeille toujours dans quelques cerveaux fait mine de se réveiller, nos dirigeants bourgeois, pris de frayeur, sont les premiers àen étouffer la manifestation. Sous la signature d'Ernest Judet, ne lisait-on pas à propos des fètes franco-russes : « On sent qu'elles révèlent un fait nouveau, d'une portée infinie, l'existence d'une politique extérieure voulue et affirmée par l'unanimité de la nation française. Les étrangers sont si déroutés par un phénomène pour eux incompréhensible qu'ils en faussent le sens et traduisent par guerre ce qui signifie paix; plusieurs écrivains allemands, et non des moins sérieux, soutiennent en guise de conclusion que la revanche s'approche. L'erreur heureusement n'aura pas cours devant la lumière des faits.» (Petitjoumal, 8 novembre 1892.) Mais si le maintien de la paix est notre seul but, n'est-il pas préférable de ne tirer que de nous-mêmes les moyens de l'assurer, sans nous enchainer à des alliés que leur constitution politique peut éloigner de nous quelque jour? Remarquons enfin, en terminant, que la nation qui, la première, sans affaiblir sa puissance défensive, saura réduire de moitié ses dépenses militaires, aura remporté la plus décisive des victoires. Elle rendra plus insupportable pour les autres le fardeau de leurs impôts et hâtera chez_ elles les mouvements révolutionnaires qui mettront fin au militarisme actuel. '. MtLÈS..
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==