La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

REVUE DES LIVRES très malheureuse. A peine pubère, une vieille tante plus sèche que la plus évangélique fille de !'Armée du Salut, se charge de son éducation, la rend malade à force de surmenagJ, de manque de distractions, de ridicules imposés, et de sermons stupides. Enfin la pauvre Cécile est brevetée. 11était grand temps, car la saisie était déjà aux portes du patrimoine paternel. Heureusement Cécile va pouvoir envoyer à sa famille l'intégralité des mensualités qu'elle touchera comme gouvernante de la jeune fille la plus gàtée et la plus désagréable qui se puisse imaginer. Cécile part dqnc pour Amsterdam; et dès le premier jour elle devine toutes les humiliations, toute~ les tristesses que lui feront essuyer la revèche matrone qui la paie et la domesticité ds cette parvenue. Comme il n'y a ~as de roman sans amour, Cécile s'éprend d'un compatriotê, précepteur des filles de la même maison huppée de l'aristocratique négodant d'Amsterdam. Ce précepteur est bien la plus loyale, la plus sy111pathique figure du roman. D'abord rapproché de Cécile par l'intérêt commun qu'ils portent tous deux au jeune Willy, pauvre infirme dédaigné par ses parents. - M. P~rtal (qui échappe aux humiliations professionn..:lles à force de réserve et de respect exact et froid) finit par comprendre avec son cœur que les qualités de la discrète Cécile ajoutées aux siennes feraient un ménage 11parfa , une « harmonie de musiciens célestes » selon l'expression des poètes indiens. Et les fiançailles s'ébauchent, non sans tribulations de toutes sortes ........ Décidément la gràce suffisante me fait défaut, et je renoi,ce à rendre compte de ce livre parsemé de traits spirituels mais toujours mouillés de miséricordieuse pitié. Touchant d'un bout à l'autre, le roman de Madame Georges Renard atteint les dernieres limites de l'émotion pathétique dans le récit des 111alheurset la mort du pauvre souffreteux Willy. Ecrite avec une éloquente sobriété, cette peinture de mœurs et de sentiments spéciaux d'une très intéressante partie du prolétariat intellectuel, ne cesse d'ètre animée et vivifiée par je ne sais quelle fl:imme généreuse. Le Droit des Femmes et le mariage par Louis BR1DEL, professeur à la Faculté de Droit de Genève - Félix Alcan, éditeur - Prix: 2 fr. 50. Ce très substantiel petit livre est une fort ~uggestive étude critique de législation comparée sur les rapports légaux, consacrés dans chaque pays civilisé, entre la femme et l'homme. Et cette comparaison ne tourne certes pas à l'honneur de la Belgique, de la plupart des cantons suisses, et surtout de la France. Résumer ce livre qui est une quintescence du droit matrimonial international est impossible. En voici les conclusions sous forme de programme à réaliser. 1 • Effacer de la loi « la femme doit obéissance à son mari » ; tout en conservant le principe que le mari est le « chef de la famille», aussi long-

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==