LA REVUE SOC!ALISTE sang-froid. Nous avons été battus en 1871 par notre faute, puisque nous avions supporté 18 ans de régime de corruption, de curée atroce, l'argent de b Franœ emplissant la poche des jouisseurs, le budget de l'armée serv:int 11 entrenir l'armée du vice montée à l'assaut du pouvoir. Gràce à la République, notre honneur a été sauf et l'amour-propre n'a rien à faire dans la question adutlle, le monde entier sachant bien aujourd'hui que la France est toujours la France. De plus, des faits récents ont prouvé que la déclaration de guerre est venue des Allemands qui ne cherchaient qu'une occasion de profiter de le~11·force et de notre faiblesse pour se jeter sur nous et il a suffi d"une falsification de texte pour faire ruer l'une sur l'autre, l'Allemagne et la France. Dans ces conditions, la perte de l'Alsace-Lorraine semble encore, si c'est possible. plus illégitime que jadis; ce n'en est pas moins un fait accompli et soutenu par 4 nations, malgré les sympathies qui chaque jour s'élèvent autour de nous. Eh bien, celte question, il faut absolument la résoudre: il faut que chacun dise franchement ce qu'il pense, car l'avenir est noir. Il y a quelques années. un plébiscite en Alsace-Lorraine eùt été en notre faveur; aujourd'hui, il y aurait doute; dans 10 ans, par suite de l'immigration allemande, il tournerait peut-étre contre nous. Le droit des populations n'en reste pas moins entier, mais le moyen n'a plus la valeur absolue qu'il aurait eu au lcn,lemain dé la guerre, et on ne le doit employer qu'au moment où l'on veut faire la séparation. Il n'y a donc qu'une solution possible : l'ARBITRAGf.Devant l'orgueil insensé de l'empereur allemand, la France devrait avoir le courage de le proposer et le monde entier verrait alors de quel coté on désire la paix. Le jour où l'Allemagne l'accepterait. il y aurait trois questions à poser : l'AlsaceLol'l'Cline 1/oil-elle ap71artenil' ri l'.tllemn9ne - ou li la Fl'anCf' - on tit1·1' déclarée nettll'e. (Le rattacheml!nt /1 la Suisse n'est une solution acceptable ni pour 13 Suisse, ni pour l'Alsace-Lorraine). La vraie solution, ce serait le rattachement~ la France, à quêlque prix que cc soit; j'attendrais avec confiance la réponse du tribunal arbitral qui aurait à accomplir la plus grande œuvre de justiœ qui puisse in..:ornber à des hommes. A la suite de cette dt:ci~ion, qu<! les deux peuples accepteraient droitement l'Europe pourrait reprendre un nouvel essor et chaque état, employant à des œuvres sociales la plus grande partie du budget militaire, s'occuperait enfin des questions dont 1:1. solution est aujourd'hui arrètée par la préparation incessante :1 la guerre. Mon rêve est-il rt:alisable? Sera-t-il traité d'utopie? En attendant, il nou~ faut travailler, et je serais assez partisan de laisser de coté pour le moment, les questions purement politiques et qui n'ont aucune chance d'être adoptées en l'état actuel du Parlement (séparation de l'Eglise et de l'Etat, modification du Sénat, etc,) pour ne s'occuper que des réformes sociales autrement importantes, ,L1utant plus que si quelques-unes étaient résolues par la Chambre et repoussées par le Sénat, on aurait alors bien plus de force pour crier« Sus au Sénat. » Ql1elles sont les questions primordiales? D'abord, la réforme des impôts, par l't:tablissernent d'un impôt résolument progressif sur les revenus, le seul impôt réellement juste (de la justice réparative, comme dit A. Fouillée) et nullement inquisitorial quoi qu'en disent quelques-uns ; réforme des droits de succession par l'établissement d'une taxe progressive /1 la fois d'après la quotité
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