La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

214 LA REVUE SOCIALISTE REVUELITTERAIRE Mettons- nous sous la protection des maitres sacrés. lis ont été les grands et les souffrants. lis ont porté sur leurs épaules la croix douloureuse de r Art; de leur sang ils ont marque le chemin à ceux qui les ont suivi. La religion qu'ils ont prèchée deviendra la religion universelle. CAMILLE LEMOS:<IFR. Nous allons tenter l'impossible. Cela nous plaît. Nous voulons -essayer de parler ici, chaque mois, du livre qui nous apportera quelque puissante, ou calme, ou tendre manifestation de Beauté. A côté de moi d'autres diront l'e!Tort de la scène et de la couleur. C'est parfait. L'Art est un concept unique, sous d'indivisibles expressions différentes. Et nous devons, sous peine de rester en deça d'un criterium social. le considérer dans l'exemple de ses aspects. Leur opposition est une hérésie. Nous ne pouvons l'admettre. A un périodique tel que la Rcv11c Socialiste, appartenait donc la tâche de donner à la critique toute sa portée de synthèse, toute son ampleur de généralisation. Nous disons ,< l'impossible •>. Mais c'est pour nous vanter. Car il n'est rien de plus simple. Certes, les émotions que produit une belle œuvre sont d'origine cérébrale complexe. Elles s'apparentent à d'innombrables familles d'esprits. Mais néanmoins, pour peu que !'écrivain soit capable de concevoir des idées générales, il atteint aisément l'aperceptive critique de I'Art. Et dès lors, il lui suffit de ramener ses sensations à la même Equation du Beau, pour que son jugement acquière toute sa rigidité synthétique. J'expliquerai plus tard ce charabia. Il y a quatre ans, présentant ici même le C/11bde l'A, t Social, fondé par moi avec un comité de vaillants amis, avec aussi l'enthousiaste concours de ce bon, et loyal et généreux Bernier que la mort vient de nous prendre. sans que je le veuille et sans que je le puisse croire, encore, exprimant ce que devait être cette association d'artistes inquiets et

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