La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

212 LA REVUE SOCIALISTE faire une fois pour l'augmentation militaire, il doit être fait un emprunt de 48,060,699 marks. 11n'a été parlé que bien vaguement au dernier Reichstag des moyens de couvrir ces frais. li y a d~s députés qui avaient obtenu leur mandat par la promesse de ne voter pour le projet de loi qu ·après avoir élucidé la question des frais ; ils se laissèrent facilement remettre à l'automne par le gouvernement, Le chancelier, qui mentionna vaguement des impots nécessaires, s'assura les votes des conservateurs et antisémites en promettant d'exempter l'agriculture de toute contribution. M, Miquel, dont la biographie pourrait porter le titre : « Du communiste à l'agriculteur >', est choisi pour médecin des finances de l'Empire. Dans la proci1aine session il présentera au Reichstag un bouquet d'impots qui satisfera pleinement les vœux du chancelier et des conservateurs. Le ministre des finances de Prusse s'entend à satisfaire l'agriculture souffrante, c'est-à-dire les grands propriétaires; il l'a prouvé par la réforme des contributions prussiennes, laquelle par la rectification des impots fonciers et des impôts sur les bâtiments fait un nouveau « cadeau >> aux pauvres grands propriétaires ! M. Miquel a bien trop d'esprit pour ne pas savoir qu'un ,, impôt sur le luxe » ne rapporte guère, et que même l'impot sur la Bourse ne peut assouvir la soif d'argent du Moloch militaire. Il créera donc des impots qui, puisqu'il doit ménager ses nouveaux amis, les « agrariens >> pèseront surtout sur la masse du peuple et par lesquels, selon les principes des classes régnantes, on taillera les courroies de la caisse aux impôts dans la peau du peuple travailleur. La manière de voir du parti conservateur sur une <-saine politique financière " se caractérise par son désir de couvrir une partie des frais de la Militair-Yorlage par un emprunt. Nous au contraire, nous demandâmes de couvrir ces frais par un supplément d'impôt sur les revenus. Outre la Militair-Vorlage le dernier Reichstag s'est encore occupé de discuter deux interpellations, dont l'une demandait la suppression des manœuvres de cette année à cause de la disette de litière et de pâturages. Le ministre de la guerre prussien ne considéra que l'intérêt militaire qui lui semblaitcompromis par cette suppression.llditque l'administration militaire était prête à décharger les paysans autant que possible, mais qu'elle ne pouvait renoncer aux manœuvres. Les ministres de Bavière et du Wurtemberg se montrèrent un peu plus conciliants, tandis que de tous les côtés du Reichstag on demandait avec énergie la suppression des manœuvres d'automne à cause du réel état de disette des pâturages. La deuxième interpellation venait du parti socialiste; elle concernait la conduite du président de la police à Strasbourg, M. Feichter, lequel se serait permis envers quelques citoyens des expressions aussi brutales que peu décentes. A propos de cette interpellation le gouverne-

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