La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

.. . 210 LA REVUE SOCIALISTE prolétariat. Leur salut n'est pas dans la galvanisation de formes surannées, mais bien dans la suppression des causes de sa ruine. Si l'organisation socialiste ne pense pas à conserver nos petits métiers et industries en corps, ils seront pourtant assurés de pouvoir pleinement satisfaire à tous les besoins de leur existence comme tous ceux qui travaillent pour le bien général. Nous avons voté contre les propositions du centre et des conservateurs, parce que nous ne vonlons pas faire des dupes ni jeter de la poudre aux yeux. Nous nous croyons obligés au contraire d'ouvrir les yeux aux artisans sur leur position et d'amener les classes mitoyennes en voie de disparaître à prendre leur place dans les rangs du socialisme pour conquérir leur délivrance du joug capitaliste. Tandis que le Plenum du Reichstag s'occupait des susdites discussions, la commission militaire avait siégé pendant des mois sans pouvoir s'entendre. Après qu'on eùt constaté qu'il n'y aurait point de majorité pour le projet du gouvernement, le chancelier déclara que le gouvernement se contenterait au besoin d'une augmentation de l'armée comme la proposition de M. de Huene la laissait espérer. - Le chancelier alla même jusqu'à faire de la proposition Huene le mot de passe électoral du gouvernement. Tous les partis, excepté le parti socialiste, craignaient la dissolution, c'est pourquoi les transactions se poursuivirent fiévreusement derrière les coulisses, mais en \'ain; il ne se trouva pas de majorité pour la proposition Huene. L'acceptation du projet Huene aurait entraîné une augmentation de l'effectif en temps de paix de 70.000 hommes. Les dépenses réguli~res et annuelles auraient été de 55 millions, les dépenses pour une seule fois 60 millions de marks. , En acceptant le projet Huene, le budget de l"armée et de la marine de J'empire allemand, établi d'après le budget de 1893-1894, se serait monté, inc!usivemcnt des pensions et des dépenses d'une seule fois du budget courant et du nouveau, à 842 millions de marks environ par an. Le Centre ne pût s·y résoudre, et s'il y eût quelques membres nobles qui s·o~posàent au refus de leur fraction, b grande majorite resta ferme, et le sort de la« Militair-Vorlagc ,> fut décidé. Le 6 mai, après qu'on eût préalablemcut refusé la,, Vorlage" du gouvernement, on vota sur la prnposition Huene qui fut refusée aussi a la majorité de 2 1 o voix contre 1 62. Aussitot après le Reichstag fut dissout. Les nou\'elle:; élections eurent lieu le 1 5 juin. Ce n'est pas ici le li~u de parler longuement de la manière dont les partis adver:;aires menèrent la campagne. De nombïeuses protestations font foi de la manicre jnfàmc et brutall.' dont les entrepreneurs agïaires l:t industriel:; ont encore une fois abusé de leur positio:1 pour fausser la volonté du peuple. Le st:cret de la liberté d'élection ont été annihilés en beaucoup d'endroits par la violentation d;:s électeurs. Gentillàtres, pr~tï\!s et fa-

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