12 LA REVUE SOCIALISTE bien dans les faits économiques que dans les organiques, les intellectuels, les moraux et sociaux proj)rcrnent dits. En un mot, le déterrni:,isme soc;al ne saurait être méconnu par qui se donn2 la peine d'observer les faits de répercussion que nous pouvons tous constater chaque jour, chacun dans sa petite sphère. Qpïl s'agisse d'une crise industrielle locale ou générale. qu'une sécheressè excessive ou que des inondation~ compromettent la production agricole. qu'une loi douanière inopportune vienne troubler les échanges commerciaux, qu'une invention révolutioune un mode de production, qu'une épidémie enlève des bras à la défense nationale en temps de guerre ou à l'approvisionnement d'"une agglomération humaine, qu'une idée nouvelie vienne bouleverser les cerveaux et détourner des concours de volontés indi~pensables à telle ou telle fonction sociale, toujours ces causes sont- suivies de leurs effets directement ou indirectement. immédiatement ou médiatement. Ce sont là des manifestations de la loi de corrélation tout à fait analogues à ce que nous voyons dans le regne organiqu~. Bien plus, nous pouvons rcm:irquer que les sociétés nous semblent d'autant plus aptes à se plier aux circonstances que leur imposent les temps et les lieux que nous saisissons, que nous voyons, que nous touchons, pour ainsi dire, ces faits d'adaptation, dansl'apparition, dans la formation de professions, de métiers, d'industries. de modes. de mœurs, de types sociau.r (1), qui en sont la conséquence souvent évidente, tandis que. dans le règne organique les faits analogues d'adaptation sout souvent plus difllciles à saisir et à con~tater. Nous pouvons donc dire que la loi sociale par excellence, que la condition vitale de toute société, est l'adaptation au milieu, puisque. sans cela, nous ne pourrions pas plus comprendre la vie ~ocialc que nous ne saurions concevoir la vie physiologique sans son adaptation à son milieu, c'est-à-dire à ses conditions d'évolution. Mais, de même que l'adaptation d'un être vivant devient d'autant plus facile que son organisation a davantage multiplié sa résistance et ses moyens d'adap • tation par toutes les différenciations organiques et fonctionnelles qui résultent de son évolution même, ainsi l'adaptation, c'es~-à-d1re la plasticité d'une société augmente proportionnellement à sa propre organisation, attendu que toutes les différenciations, appropriations qui résultent du jeu incessant de ses facteurs en présence des conditions où elle se trnuve, ont nécessairement pour conséquence de créer autant de moyens de résistance ou d adaptation pour cette société aux conditions et circonstances qui peuvent surgir pour elles des temps et des lieux. Il est bien évident, par exemple, que l'homme des cavernes n'avait ni les mêmes moyens, ni les mêmes ressources que nous autres civilisés pour se défendre contre les éiéments, contre les grands faunes ( 1) Voir Tarde.
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