La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA MÉVENTE DU VIN LAMEVENTDEUVIN (Suite) XII Y A-T-IL SURPRODUCTION DE VINS NATURELS? Pour accumuler du capital, l'activité de chaque individu s'évertue à produire le plus possible, sans souci préalable des besoins de la collectivité : c'est la chaotique conséquence du régime capitaliste. Il ne faut pas s'étonner de la surproduction vinicole arrivée par aventure. A combien d'hectolitres peut ètre évaluée la consommation annuelle dans notre pays? D'après les travaux de statistique raisonnée et comparative de M. Alf. de Foville, la consommation totale taxée ou non taxée s'est élevée, en chiffres ronds, à 36 millions d'hectolitres en 1885, à 35 millions en 1886, à 34 millions en 1887. Les exportations annuelles pendant les mêmes années n'ont guère dépassé le chiffre de 2 millions d'hectolitres. Tels étaient les besoins de la consommation et du commerce d'exportation en France, il y a quelques années, et il n'est pas probable que ces besoins soient aujourd'hui augmentés. Les tarifs douaniers ont fait naturellement baisser l'! chiffre des exportations, et les grands centres de consommation sont enclins à préférer la bière, le cidre et le thé aux abominables mixtures vendues trop longtemps sous la dénomination de vin. Admettons que les renseignements fournis par la statistique soient ~.u-dessous de la vérité, et portons au chiffre de 40, ou même de 50 millions d'hectolitres la consommation annuelle du vin, la surproduction existera toujours. Car qui pourra jamais dét~rminer la quantité de vin que le mouillage et la fabrication artificielle doivent faire

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