La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

10 LA REVUE SOCIALISTE 1'expression de conventions subies ou acceptées volontairement ou de réglementations plus ou nmins adéquates. plus ou moins justes, variables, du reste, suivant les temps et les lieux. Il ne nous parait pas nécessaire d'insister longuement pour faire admettre que cette interprétation se trouve parfaitement d'accord avec tout cc que nous savons de l'évolution' sociale ou politique des peuples et des nations : il suffit de signaler cette façon d'envisager expérimentalement la science sociale pour que chacun trouve immédiatement dans ses souvenirs, ap;irçoive dans ses observations journalières, des preuves convaincantes de la justesse et de la ficondité de cette conception. La structure sociale constitue le moule dans lequel doivent se couler les actes de cette Société; de même que notre activité psychique est conditionnée par notre constitution organique héréditaire ou acquise, ainsi l'acti\·ité sociale, morale ou politique, est conditionnée par la structure ou organisation sociale. La structure sociale est à l'homme ce que notre structure anatomique est à notre activité. Il y a une adaptation, une correspondance si adéquate entre l'individu et sa société. que celui-ci ne peut être transporté dans une autre société sans se trouver dépaysé, désorienté, en raison directe du degré de différence qui existe entre la première et la nouvelle. Seulement. comme l'homme ne correspond en réalité qu'au globule sanguin et non à l'élément anatomique, il peut supporter la transplantation comme le globule de sang la transfusiory. Enfin, de même que le globule de sang représente l'élément actif par excellence dans l'absorption des éléments étrangers à l'organisme (hématose, chyme, chyle) et dans l'organisation (assimilation proprement dite, nutrition interstitielle. genèse des éléments anatomiques), ainsi l'homme représente la partie active. vivifiante, organisante dans le corps social. C'est au point même que, toujours enclins à ne juger les choses que d'après les apparences. nous ne voyons généralement que l'homme et son activité dans le corps social. Mais il suffit de réfléchir pour comprendre que l'homme n'est pas moins prisonnier de la société à laquelle il appartient que l"àrne ne l'est du corps. Pas plus que nous ne pouvons changer notre organisation pl.ysiologique, ni modifier les lois fondamentales de la biologie. pas plus nous ne pouvons refaire la structure d'une société, n~changer les lois organiques de son évolution. Mais aussi, de même que nous pouvons provoquer des suppléances d'organes. faciliter certaines fonctions, régulariser le jeu de notre activité, placer notre organisme dans des conditions appropriées à ses besoins et à ses aptitudes, ainsi nous pouvons améliorer le fonctionnement d'une société en provoquant des suppléances, favorisant certains organes, régularisant le jeu des facteurs. Pour cela, il faut commencer par se bien pénétrer du mécanisme de notre organis~tion sociale et mettre en

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