La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA GRÈVE DES MINEURS 149 permettent, - de la fixité de ce sa/air.:. Nous l'avons dit au commencement de cet ar1icle, et nous tenons à le répéter, le travail de l'homme n'est pas une marchandise comme une autre, et les employ,!ttrs o,it le!devoir d.: co11siddra le salaire d.: leurs ouvriers co11111,uen élément fixe auquel ils m doivent pas tourber, CO/JI.li/t/t)l/e chose sacrée qu'il leur fiwt r,·spata da11s frur marchrs l'i da11s leurs CO/lVC1Jtio11s. Qye si les Compagnies se font entre elles une concurrence peu loyale, tant pis pour elles, que les actionnaires s'en prennent aux admini~trateurs et directeurs. Vous ne pouvez pas vous entendre, dites-vous? Eh quoi, vous, des hommes instruits qui devez comprendre vos intérêts, vous ne pouvez pa3 réunir vingt ou trente sociétés, alors que 40,000 travailleurs se réunissent bien. Vous ne pouvez pas pratiquer, pour le bien commun, la solidarité ouvrière? Ce serait triste à constater, s'il en était ainsi, mais nous ne pouvons, croire qu'il en soit ainsi. Ce qu'il faut aux ouvriers, ce n'est pas un salaire subissant les jlurtu::ilio11s de~ cours, 111011l::i101t1dcscc11da11tavec l,1 hausse ou /,;i b,ussc, comportant une sorte de participation aux bénéfices ou aux pertes, ce qu'il faut surtout à des mineurs qui, - soit dit s:ins les blesser, - ne sont pas prévoyants, c'est la fixité d'un salaire équitable, toutes choses égales d'ailleurs d:ins les conditions de l'existence et de la valeur de la monnaie. Pour tous ceux qui connaissent les mineurs, cette vérité n'a pas besoin de démonstration. Le bouilleur vit avec ce qu'il gagne et qu:ind, après lui avoir assuré un sal:iire de o à 7 francs par jour, vous le pl:icez vis-à-vis d'une rémumération de 5 francs 011 de 4 francs, vous avez assez développé chez lui des besoins qui, n'étant plus s1tisfaits, lui feront paraitre encore plus pénible sa seconde situation. Les ouvriers et les Compagnies étaient parvenus,en 1891, à tomberd'ac- ..:ord sur un salaire, 4 fr. 80 en moyenne, plus une prime de 20 ¼, salaire qui 11'av:iit rim d'cxagéré, mais qui p.1raissail sufjisaut. Qye faut-il pour éviter le retour de conflits regrettables? Qye ce salaire juste demeure un salaire fixe. Aux ouvriers nous dirons: Vous avez accepté ce salaire comme juste. Respectez-le. Aux Compagnies : Vous avez reconnu vous aussi que ce salaire était juste, faites qu'il devienne fixe. Mainteaez-le. Comme M. Dubar,M. Henri Langlais constate que les Cornpganies se font entre elles <' une concurrence peu loyale "· C'est cette concurrence qui est cause de la surproduction et du fléchissement des prix de vente. Comme M. Dubar, M. Langlais pense en outre que le salaire « subit les fluctuations de; co_urs, monte 0:.1 descend avec la hausse ou la b.1isse. » Nous avons tenu à reproduire l'important extrait ci-dessus de l'article du rédàdeur en chef du journal la Dépécbe. parce que les indications qu'il renferme - indication qu'on ne peut accuser d'être de part· pris en faveur des ouvriers - nouf 0 nt paru intéressantes à noter ei~

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