LE COLLECTIVISME autonomie. Il n'en est pas moins vrai que leur appropriation par la communauté constitue un premier pas vers le collectivisme. COLLECTIVISTES SANS LE SAVOIR La plupart des adversaires du collectivisme ne se rendent pas assez compte que cette doctrine ne fait que prolonger les tendances sociales actuelles. Beaucoup de bourgeois se figurent naïvement que le régime collectiviste s'établira tout d'un bloc, ou bien ne s'établira pas du tout. Et ceux-là, diraient volontiers comme Louis XV : « Après nous le déluge » ; Rodbertus nous promet un répit de cinq siècles ; Lassalle n'est pas loin de nous en accorder deux. Ce sera d0nc pour nos arrière petits neveux. Ergo, dormons sur nos deux oreilles, et, si les socialistes veulent devancer l'échéance fatale, nos fusils de gardecivique sont prêts à faire cause commune avec les baïonnettes des paysans, Hors ça! regardez-donc autour de vous, bonnes gens. Voyez les grèves qui se multiplient, les émeutes qui éclatent de toutes parts, les insurrections qui se succèdent avec la régularité des phénomènes naturels : vous comprendrez que nous sommes déjà dans la fumée de la révolution sociale. Et, si vous voulez vous rendre compte des transformations de la propriété depuis un siècle, voyez la progression des budgets dans les grands pays démocratiques, et spécialement en France ou en Angleterre. Il en est des Etats comme des hommes : d'après le montant de leurs dépenses, on peut généralement se faire une idée de l'importance de leur do~1aine. Saluez ce budget d'un milliard. disait M. Thiers, en 1830 à la Chambre française, vvus ne le verrez plus I On est arrivé aujourd'hui à 4,235,000,000 de francs, plus de quatre mille millions. En Angleterre, le budget de l'Etat dépasse actuellement 4 milliards, rien qite pow· les services cfoils, soit le sextupl& de ce qu'il était en 1817. Et le phénomène se marque avec une évidence plus grande encore, dans les municipalités : leurs dépenses ont doublé depuis vingt ans et s'élèvent aujourd'hui à plus d'un milliard et demi. Le socialisme communal a conquis droit de cité dans la plupart des grandes villes d'Ecosse et d'Angleterre. Glasgow, par exemple, nous donne une idée assez nette de ce qui existera dans quelques années, à Bruxelles, à Gand ou à Liège : « La cité a organisé l'enseignement obligatoire et gratuit ; elle offre un repos aux enfants nécessiteux fréquentant les écoles publiques, elle fournit aux habitants le gaz, les escaliers com- _muns des maisons à plusieurs logements ; propriétaire des tramways, elle met à la disposition des ouvriers des trains presque gratuits, le matin et le soir ; elle a créé des bains, des salles de natation, des la-
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