La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

PSYCHOLOGIE DU MILITAIRE PROFESSIONNEL 'par la nation civile, c'est-à-dire la fusion de la profession militaire e·t de ses caractères spéciaux dans la natiort entière. Ces réformes seraient ·donc utiles, mais en fait bien insuffisantes pour une amélioration relativement rapide: « Pour agir fortement sur la cérébration des professionnels militaires, il faut d'autres procédés que l'autorité législative ou gouvernementale peut employer, mais dont elle n'usera certainement pas pour ,des raisons qu'il n'y a pas lieu de développer ici. Ces procédés sont : « L'interdiction du port de l'épée, ou du sabre, et de l'uniforme hors de tout exercice professionnel. « La limitation de l'obéissance, due par le subordonné, au temps seul de l'exercice du métier et rien que pour ce qui concerne ce métier. 'L'obéissance devrait être minutieusement déterminée et tout professionnel qui tendrait à en accroitre les limites devrait être rejeté de la profession. « Si ces procédés étaient employés, il en résulterait nécessairement une disparition assez rapide de l'infatuation militaire, de l'esprit de clan, du mépris pour le pékin et l'inférieur, etc. Mais ce n'est qu'à titre d'indication que je cite ces procédlo, car ils ne seront pas employés et ne peuvent l'être dans l'organisation actuelle de la société dont le militarisme est un des soutiens. ,< Pour améliorer la moralité si fruste des professionnels militaires, il faut agir sur leur _cérébration et pour cela procéder médiatement en agissant sur la cérébralité de la masse. Ce procédé médiat doit consistesr en l'éducation visuelle et auditive des hommes par la parole, 1'écrit, l'acte. « Il faut s'élever toutes et quantes fois qu'on le pourra contre b guerre, cette raison d'être du militaire, « ce dernier et abominable ves- « tige des barbaries_ passées, qui fait horreur à la civil!sation contem- ~, paine dont elle détruit tous les progrès et toute la richesse. >' « A cette besogne, saine. car elle couduit inévitablement à la disparition du militarisme avec d'autant plus de rapidité qu'elle est plus intense tant par la quantité des ouvriers que par la qualité de leur intellectualité; à cette saine besogne, dis-je, se sont attelées, dans tous les pays, les si nombreuses Associations et Ligues pour la Pai.r rt l' .11·- bitrage. « A ce travail sacré aide encore la multitude des inconnus dont le sentiment de justice et la sensibilité sont révoltés par les agissements nuisibles dont ils sont les témoins ou les victimes des militaires professionnels, ces ouvriers de la ·guerre, « Tous selon leurs facultés et moyens, préparent la mentalité humaine de l'avenir, » qui donnera à tous le sentiment de solidarité, !a no• tion de la vraie justice sociale. En somme, nous avons là une tentative vigoureuse de dissection

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