LA REVUE SOCIALISTE _, REVUEDE LAPRESSEÉTRANGÈRE Les journaux anglais nous apportent, avec des commentaires variés, le texte du discours prononcé par le professeur Huxley aux « Romanes Lectures". Il succède à Gladstone comme conférencier. Le texte de sa lecture est « !'Evolution et la Morale ». Beaucoup d'histoire naturelle et d'histoire des civilisations. Passons là-dessus. C'est très intéressant et très connu : Telliamed, Voltaire, Darwin, Quatrefages, Hœkel, Littré, - Job sur son fumier juif, Diogène dans son tonneau grec, sans parler de Bouddha et de Gautama. Voilà pour la discussion savante, de rigueur en ces matières. Allons droit aux conclusions contemporaines. Le professeur Huxley met face à face le positivisme, qu'il soit allemand, anglais ou français, ou même grec et hindou - l'hermétisme, on ne dit pas l'idéalisme, qu'il soit de même hindou, grec, français, anglais ou allemand. Il arrive, après bien des détours érudits, à dire, comme le premier venu, que la vie, celle des étoiles comme celle des plantes et des animaux, y compris l'homme, n'est ni bonne ni mauvaise, et que la question est mal posée, en ce sens qu'elle ne devrait même pas se poser. On est ce qu'on est. Chaque être fonctionne conformément à sa structure. Mais la structure humaine étant plus compliquée, comporte à la fois plus de jouissances et plus de souffrances. Ce n'est pas plus malin que cela. Les extrêmes se touchent. La plus haute philosophie et la plus exacte science rejoignent l'ignorance et l'inconscience. Chacun, à sa façon, accepte les choses comme elles sont. Pourtant, cette constatation, par trop philosophique, ne suffit pas au sa,·ant professeur. Il note, en terminant, un ·autre fait: c'est que l'homme est un bizarre animal; il rêve de justice, d'égalité, de fraternité: il se mêle de morale, il fait de la politique. Or, puisque c'est un fait indéniable et irréductible, puisque l'homme est condamné par sa structure cérébrale à faire de la politique, quelle politique fera-t-il? Pas d'autre que celle qui peut modifier en bien, si petit que soit ce bien, les conditions de l'existence sociale. Il fera donc de la politique socialiste. Sans illusion, bien entendu. Il sait qu'il n'est qu'un point dans l'immensité des choses. Il luttera pourtant. Il conciliera, comme il pourra, l'évolution cosmique et l'effort moral. Plus de
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