La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVUE SOCIALISTE LAQUESTIOSNOCIALE DEVANT LES CORPS ÉLUS L'attention publique se détournerait complètement des débats de la Chambre, si quelques séances scandaleuses ne venaient de temps à autre en raviver l'intérèt. Nous ne citerons que pour mémoire l'histoire des fameux documents Millevoye-Déroulède et la piteuse défaite de ces entrepreneurs de patriotisme à grand orchestre. Le chauvinisme fanfaron était un des côtés les plus ridicules et les plus réactionnaires du boulangisme! Réveiller les ferments de haines internationales qu'un long passé de barbarie a accumulé au fond de la conscience populaire, c'est faire une œuvre immorale et au suprême degré anti-démocratique et anti-socialiste. Les patries isolées constituent un des éléments nécessaires à l'établissement d'une République fédérale européenne, qui respectant toutes les autonomies, établira entre les Etats, une paix semblable à celle qui règne entre les provinces d'un même pays; aussi les socialistes ne sont-ils point, comme on le dit, les ennemis de l'idée de patrie. Ils respectent les patries des autres, comme ils désirent que la leur soit respectée, ils répudient toute conquète comme contraire au droit humain et souhaitent la paix avec les peuples étrangers qu'ils aiment et l'union avec toutes les forces progressistes du monde pour détruire les vieilles oppressions religieuses, féodales ou capitalistes. Au combat barbare et ruineux entre hommes de diverses nations, au réveil des sauvages instinct de dégradation et de meurtre, le socialisme cherche à substituer le combat de préférence pacifique, mais peut-être sanglant aussi à l'occasion contre l'ignorance, la barbarie, la misère et la masse des injustices léguées par le passé. L'Ailemand socialiste ne s'arme point contre le Français, ni le Français socialiste contre l'Allemand, mais l'un et l'autre réconciliés, fraternellement unis, respectueux de

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