La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVUE SOCIALISTE Mais on peut dire que c'est partkulièrement en Sicile que les conditions de la vie des ouvriers et des paysans sont devenues intolérables. Nous ne sommes plus au temps de cette Sicile au sol merveilleux, dont le ciel enchanteur a été célébré par tous les poètes. Il semblait, d'après les descriptions qu'on en faisait, qu'on ne dut y entendre que des paroles de paix et d'amour. Et voilà que, tout à coup, dans cette contrée merveilleuse, s'ouvre un cratère prêt à vomir la lave révolutionpaire. On avait oublié que la Sicile est le pays des volcans, que son sol, plus d'une fois, a èté secou~ par des éruptions terrifiantes. On est en droit, d'ailleurs, de demandrr ce qui a été fait pour empècher une catastrophe. La réponse se résurpe en ce mot : rien. A plusieurs rep, ises, des publicistes italiens de haute valeur : MM. ]acini, Sonnino, Franchetti, Corleo et Colajanni ont fait le sombre tableau de la vie des ouvriers de l'industrie et de l'agriculture dans la grande ile sicilienne. L'un d'eux disait : ,, Le contrat agraire en Sicile est un vol légal au préjudice du paysan, lequel est surchargé de tant d'obligations a l'égard du propriétaire et du fisc qu'il lui reste à peine de quoi apaiser sa faim. » Un autre écrivain se faisait l'écho des plaintes des travailleurs employés à l'extraction du soufre, la grande industrie sicilienne : les salaires sont dérisoires : des enfants de neuf à quatorze ans sont occupés à raison de quatre à cinq sous par jour. Il importe d'ajouter que si les conditions d'existence des ouvriers et des paysans siciliens étaient lamentables, rien ne venait en atténuer l'horreur à leurs yeux. Loin de trouver un appui tutélaire auprès des représentants du gouvernement, ils étaient traités comme de vrais parias. Les ouvriers d'une entreprise d'extraction de soufre s'étant mis en grève. ils furent arrêtés sous l'accusation de brigandage, jugés et condamnés aux travaux forcés. C'est, d'ailleurs, à la suite de faits de ce genre que les travailleurs siciliens résolurent de s'unir, et c·est alors qu'on vit se créer les Fnsti dei lnvornfori. ces fameuses sociétés dont le réseau savamment tissé. enserre, comme on l'a dit, toute la surface de la grande île italienne. SUISSE Le Conyl'ès International de ✓.lll'ich L'abondance des matières nous force à ajourner encore le complément documentaire de la belle étude impressionniste de Jaclard publiée par la Rerue Socialiste de septembre dernier - à savoir : la pub! ication du texte même des résolutions votées au Congrès de Zurich ( 1). A propos de ce Congrès, il s'est livré récemment une polémique, fort courtoise d'ailleurs, entre le Parti 0nv1·ù>r d' Allemane et le Vor1cœrls sur l'attitude réciproque des Français et des Allemands. - Sur les wnfins de la dernière séance du Congrès, plusieurs délégués Français signèrent une déclaration attestant, malgré certaines réserves, leur sym- ( 1) La Rrr ue Socialiste publiera aussi, successivement chaque mois, les r.1pport, d stribués au Congrès de Zurid1.

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