La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVUE SOCIALISTE figure sur la plupart des manifestes collectivistes, à côté de celui de Jules Guesde, dont il était resté l'ami. En qualité de délégué d'un groupe révolutionnaire, M. Chabry prit part aux travaux préparatoires du Congrès. internationaliste de 1878, dit de la rue des Entrepreneurs, et comme tel fut appréhendé un soir, dans la rue, par M. Clément, commissaire de police, qui le conduisit au Dépôt, où il resta une semaine. Traduit, avec trente-huit de ses camarades, devant la dixième chambre correctionnelle, M. Chabry fut condamné à quinze jours d'emprisonnement. M. Chabry était à cette époque étudiant en médecine. Sa condamnation lui attira, certain jour, une verte semonce de M. Wurtz, doyen de la Faculté. - Vous êtes de la graine de député! lui dit, en le congédiant, le célèbre chimiste. M, Chabry, qui aurait pu être député s'il l'avait voulu - de nombreuses offres de candidature lui furent faites dans ces dernières années - a préféré le culte de la science à celui de la politique. En revanche, le magister \Vurtz est mort sénateur. ANGLETERRE De notre correspondant J11lesMagny : Ln fin du Lock-Oid. - Après seize semaines de lutte, cle dures privations de la part des ro1ineurs et de leurs familles; après l'avortement d'une conférence entre patrons et ouvriers, le lock-out a enfin cessé, les mineurs ont repris leurs travaux, sans di111il11ttio11 de salaire, ce qui était l'affaire importante pour eux. Cette heureuse solutîon est due à l'intervention directe de Gladstone et au tact avec lequel lord Roseberry a présidé la conférence convoquée par Gladstone dans la lettre qui suit, adressée aux patrons et aux ouvriers : Monsieur, L'attention du gouvernement de Sa Majesté a été sérieusement engagée par les désastreuses conséquences de la longue durée de l'infortunée dispute relative au charbon, dispute qui entre maintenant dans sa seizième semaine. 11est clair, d'après les informations recueillies par le bureau du commerce, que beaucoup de misères et de souffrances sont ainsi causées non seulement aux familles des mineurs directement engagés dans la lutte, mais aussi à des milliers d'autres ouvriers privés d'emploi par la cessation des travaux miniers. En se prolongeant encore, la lutte ne peut qu'aggraver la souffrance, surtout à l'approche de l'hiver, et le prix grandement accru du combustible causera la détresse parmi les classes pauvres du pays tout entier. '

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