La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVUE SOCIALISTE si je puis déclarer que ni mes amis ni moi n'avons jamais rien reçu, - pas un centime, - des socialistes d'Allemagne, - ou de leurs journaux, - c'est simplement parce que c'est un fait dont je puis affirmer la réalité», et j'ajoute que je défie qui que ce soit de prouver le contraire. Ainsi je réponds à la première des trois « choses » ou plutôt calomnies proférées. par votre correspondant. La s~onde, ma collaboration aux journaux socialistes allemands, est aussi fausse; et je le regrette, car c'est faute de temps que je ne puis collaborer ..:omme je le voudrais à la rédaction des journaux socialistes de France et de l'étranger. Enfin, votre correspondant veut que j'écrive sur du papier avec marques lui donnant un caractère officiel. Je ne sais si, dans un cas ou l'autre, j'ai pu écrire sur un papier ayant tel ou tel entête, comme celui-ci; mais ce qui est certain, c'est que jamais je n'écris sur du papier portant, comme l'insinue votre correspondant, armes, sceau ou marque pouvant lui donner un caractère officiel; ce serait aussi absurde que cette formule monarchique et grotesque « fait à !'Hôtel de Ville» qu'en sa première correspondance votre rédacteur de Berlin (?) m'attribuait. Je pourrais, après ce triple démenti, passer de même en revue toutes les assertions de détail, aussi fausses les unes que les autres, de votre correspsndant qui, malgré son prétendu séjour berlinois, n'a pas su reconnaitre dans les deux articles du Vor11:aerts qu'il signale de Ch3uvière et de moi, deux articles traduits de la Petit~RépubliqueFrançaise; et parle d'une visite d'un de ses collègues, que j'aurais reçue il y a trois jours, faisant sans doute allusion à un individu si évidemment mour..hard, que j'ai dû l'éconduire sans l'entendre davantage. C'est parce que je crois à votre bonne foi, sinon à celle de votre correspondant, que je vous envoie cette nouvelle et dernière réponse, et non pour me « disculper» de l'accusation d'internationnlisme. La raison mème qui fait que je veux pour la France républicaine, avec la paix maintenue, source de sa sécurité et de sa force grandissante, le développement de ses institutions républi~aines et socialistes, cette raison qui me fait socialiste et révolutionnaire français, me fait aussi internationaliste, aussi désireux de voir l:l République et la Révolution partout émancipatrice et victorieuse. Recevez, citoyen Ranc, l'assurance de ma parfaite considération. Edouard V AILLANT. Jules Guesde a, de son côté, adressé la lettre suivante au même Paris : On ne me signale qu'aujourd'hui la correspondance de Paris-Berlin dans aquelle je suis visé. Veuillez joindre mon démenti à celui de Vaillant. Le Parti ouvrier auquel j'appartiens n'a jamais eu le moindre rapport « intéressé» avec la démocratie socialiste allemande. Vis-à-vis des camarades <l'outre-Vosges comme vis-à-vis des prolétaires organisés de partout, nous ne sommes « engagés » que par les décisions communes de nos congrès internationaux, toutes tendant au maintien de la paix et à l'avènement de l'ordre socia Iis te.

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