MOUVEMENT SOCIAL 743 ,iberration religieuse. Ernest Renan dans son Hisloir.: d,:s l.111g11essJ111iliq11ës d le D' Albert Regnard, dans son mémoire classique sur l'Evot11tiondistincte c/11 'Polytbéis111eit: du Monotbéism.:, se sont attachés à prouver que c'est bien l:t race sémitique qui a introduit le monothéisme dans le monde. Le ci~oyen Galiment explique les principes de l'exégèse ou de la critiqui: scientifique des textes religieux. Comme exemple, il applique cette méthode :1 l'analyse des éléments qui entrent dans la composition du Pmtati:11q11e, attribué -par les croyants à Moïse. Trois éléments entrent en effet dans la compositon du Pentateuque : l'élément jéhoviste, l'élément deutéronomique, l'élément -élohiste qui sont postérieurs à Moïse. Au début de la Ceuès.:, dans le récit de la création de l'univers, puis dans le tableau du monde qui précède le récit de la création d'Ève, on saisit parfaitement la présence, soit de l'élément élohistc. soit de l'élémentJéhoviste. L'Exégèse biblique prouve que, pour le savant émancipé de tout préjugé spiritualiste, la véracité des livres saints et des croyances religieuses est sujette à caution. C'est ce qui apparaît dans la comparaison des quatre légendes juives relatives à l'origine et aux débuts de l'humanité, avec celle des légendes analogues de la mythologie aryenne. Les quatre légendes bibliques du céramiste suprême, du paradis terrestre, des géants primitifs, du déluge universel, correspondent aux quatre légendes helléniques de Prométhée, de l'âge d'or, de~ Titans et des Cyclopes, du déluge de Deucalion et de Pyrrha. Ces légendes contentent évidemment les dévots, mais elles ne donnent pas satisfaction à la mentalité des matérialistes. Pour ces derniers, tout sophisme créationiste doit être rejeté, la matière est éternelle selon la formule célèbre de Lavoisier, l'apparition de la vie dans les mers primitives n'esr due qu'à des causes purement physico-chimiques et les formes animales et végétales, depuis les protistes, se sont développées sous l'influence d'agents naturels dont l:t science moderne scrute peu à peu les moindres manifestations. Le professeur analyse les essais de généalogie humaines dûs à Darwin et :1 Hœckel. Il reconstitue, d'après le savant mémoire du professeur Hovelacque, directeur de l'Ecole d'anthropologie, l'anatomie, la physiologie et la vie sociale du précursettr de l'homme. Enfin, il montre le néant de la classification de~ naturalistes créationistes qui, au lieu de ranger les mammifères supérieurs, ,comme l'a indiqué Broca dans l'ordre des Primates, les divisent en bimanes et en quadrumanes, afin de se mettre d'accord avec les préjugés religieux. Après avoir tracé l'existence, pleine de périls et de difficultés, de l'homme .quaternaire pendant l'âge de la pierre taillée, notre ami, à l'aide de tableaux anatomiques relatifs à l'évolution fatale de l'homme et d'autres animaux, passe en revue les arguments que l'embryologie comparée fourr.it au transformisme. Nous regrettons que l'espace dont nous disposons ne nous permette pas de nous étendre sur cette partie fort importante pour l'auditoire. Dans une éloquente péroraison très applaudie, le citoyen Galiment a franchement déclaré que l'Institut d'ethnographié comparée, par son enseignement populaire, supérieur, public et gratuit, poursuit la disparition de toutes les religions et de tous les préjugés spiritualistes et la destruction de l'odieux régime .capitaliste pour l'avènement d'une société égalitaire et libre, fondée sur la célè- .bre devise du regretté Blanqui : Ni Dieu, ui Maître! Louis BRAUT,
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