La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

.MOUVEMENT SOCIAL de l'aider à pourchasser tous les républicains socialistes sur lesquels il lui pbit d'accoler l'étiquette d'anarchistes? Et, c'est en présence de cette puissante Internationale de tout ce qui exploite et vit sur le travail de la classe ouvrière, que vous entendez interdire aux peuples le droit de s'entendre internationalement pour la défense de leurs intérêts! Cette injustice est trop flagrante pour qu'elle puisse résister longtemps à l'union des or.primés. Vous ajoutez que nous rêvons de substituer à l'initiative indiviJuelle celle de l'Etat, d'établir une sorte de grand couvent. Permettez-nous de vous dire que si vous avez un tel dédain pour les couvents, pourquoi les subventionnez-vous, pourquoi les tolérez-vous:- Pourquoi permettez-vous que le travail c)esdits couvents fasse concurrence au trav:ii 1 prétendu libre? Et, puisque vous refusez à l'Etat le droit de protJger les travailleurs, pourquoi, lorsque tous les citoyens doivent ètre ég:iux, protégezvous les capi ta! istes? Pourquoi, sur notre budget, dont les travailleurs font tous les frais, accordez-vous plus d'un milliard trois cents millions à ceux qui possedent et ne produisent pas, et n'accordez-vous rien aux dépossédés qui ne peuvent plus travai lier? Pourquoi assurez-vous des dividendes aux porteurs d'actions de lïndustri\: de la voie ferrée, et reîusez-vous aux tr:ivailleurs la garantie d'un minimum de salaire? Pourquoi mettez-vous la force au service des Compagnies, qui prélèvent des bénéfices scandaleux sur les travailleurs, et refusez-vous d'assurer les vieux jours de ces derniers? La tyrannie anonyme de l'Etat, jamais elle ne s'est exercée d"une façon plus cruelle que par vous. La tyrannie anonyme, c'est votre société capitaliste, c'est l'appui que vous prètez aux exploiteurs de tout ac~bit. Ou l'Etat doit protect_ion à tous les citoyens, et surtout aux faibles, ou il ne doit protéger ni les travailleurs, ni les capitalistes. Tous vos discours ministériels, passés, présents et futurs, ne sauront empècher le sentiment de légitime révolte qui s'empare de la classe ouvrière, <levant l'injustice flagrante d'un pouvoir protégeant les riches et menaçant les pauvres, dont nous sommes ici les mandataires. Le peuple, à défaut de science, a compris, avec son simple bon sens, que vous réserviez votre force, toutes vos faveurs aux puissants. et vos haines, vos tribunaux et vos prisons aux petits. A qui ferez-vous croire que les Bourses financières ou commerciales ne sont peuplées qne d'honnêtes gens, et que dans les Bourses de travail il n'y a que des canai Iles ? A qui ferez-vous croire que les Syndicats patronaux, auxquels vous accordez des sommes énormes, ont le monopole de la- raison et que, seuls, les Syndicats ouvriers méritent d'ètre violentés? Est-ce que tous vos actes ne révèlent pas aux esprits, même les plus simples, la guerre des classes la plus caractérisée? La liberté individuelle que vous réclamez, c'est celle de la force primant le droit.

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