LA REVUE SOCIALISTE Si, après tant d'années, vous ètes encore obligés de n'offrir que des promesses, n'est-ce pas la preuve que vous et prédécesseurs n'avez jamais tenu vos engagements? Et vous vous étonnez que les travailleurs nous aient envoyés 1c1 pour affirmer que l'heure n'est plus aux promesses,'.mais qu'il leur faut des réalisa1 ions. A leur désir, ·vous répondez en menaçant leurs délégués, et vous croyez que cela suffira? Ceux qui sacrifient leur existence, qui mettent tant d'abnégation au service de la République, n'ont-ils pas droit à plus d'égards? Vous vous illusionnez. La patience a des bornes, et si, par des moyens que nous nous réservons de qualifier, vous êtes en ce moment les maîtres de la République, et prétendez en chasser ceux qui ont plus sacrifié que vous pour sa défense, prenez garde que la violence dont vous menacez les socialistes, c'est-à-dire tous ceux qui veulent l'amélioration du sort des travailleurs, ne se retourne contre vous. Alors il sera trop tard; c'~st p:ir votre égoïsme, par votre imprévoyance que vous aurez préparé votre ruine. Le peuple, qui s'est affranchi de l'esclavage et du servage, saura s'affranchir du salariat, plus cruel, peut-ètre, que les autres formes d'exploitation. Vous déclarez que vous traiterez en ennemis ceux qui n'auront pas pour base le respect du suffrage universel, mais n'ètes-vous pas les premiers ennemis du suffrage universel, lorsque vous chassez de leurs sieges les élus ouvriers des Conseils de prud'hommes, p:irce que leurs électeurs exigent qu'ils respectent le mandat qu'ils leur ont confié ? Ne menacez-vous pas aussi d'excommunier les socialistes qui sont ici? Est-ce qu'ils ne siègent pas au mème titre que vous? Nos électeurs ne sont-ils pas aussi respectables que les votres? Prétendezvous vous moquer de leur volonté? Vous déclarez, en outre, que vous combattrez ceux qui ont je ne sais quelles tendances internationalistes; alors que ne combattez-vous le progrès t toutes les sciences? Est-ce que toutes les Sociétés financières 11'ont pas des tendances internationales? Demandez donc aux Rothschild et autres gros financiers, qui tiennen? entre leurs mains une grande partie d11 crédit de la France, s'ils n'ont aucune tendance internationaliste? Les combattrez-vous aussi, ceux-là? Et le clergé, n'est-il pas aussi internationaliste? li n'est pas jusqu'à l'armée qui n'ait, gràce à vous, des tendances de ce genre, car vous ne faites pas de départ entre les capitalistes que vous la chargez de défendre - Français ou étrangers, elle les protège indistinctement. Puisque vous vous érigez en patriotes impeccables, supprimez donc le droit, pour les employeurs, d'occuper les travailleurs étrangers avecdessalaires inférieurs aux ouvriers français. Oubliez-vous donc que c'est grâce à votre concours qu'ont eu lieu les tristes événements d' Aiguesmortes? N'avez-vous pas, messieurs les patriotes, promis à un gouvernement voisin
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