LA REVUE SOCIALISTE à la perte de leur gagne-pain, mettent une seconde corde à leur arc en se faisant cabaretiers .... >> Pourtant s1 l'on y regarde de près, ces ouvriers élus parleurs pairs. sont d'ordinaire « les plus capables et les plus courageux. Courageux ai-je dit? Le mot n'est peut-être pas assez fort. Il leur faut en effet de l'esprit de dévouement, sinon une certaine dose de candeur, pour oser affronter les rigueurs de l'autorité patronale, malgré tous les exemples. qui devraient les en détourner .... « ... Le bon meneur ou meneur de profession est toujours un ouvrier habile et souvent un ouvrier d'élite. D'autres venant de loin peuvent en imposer à la masse par un autre prestige et se passer ainsi de connaissances techniques; mais lui, à qui s'applique dans toute sa rigueur le proverbe qui dit : nul n'est prophète chez soi, n'arrivera à se faire élire qu'après avoir affirmé sa supériorité de la manière la plus in..:ontestable. >' « On est peu apprécié dans le classe ouvrière si on ne peut pas se réclamer de son habileté professionnelle ; de plus il faut avoir une certaine instruction et être homme établi, père de famille, Des Jeunes gens sans expérience, peuvent certainement jouer un rôle prépondérant dans une échauffourée, mats ce rôle est toujours aussi éphémère que funeste. » En résumé les meneurs de grèves sont des hommes intelligents, raisonnables : ce sont les plus capables, les plus courageux parmi leurs camarades, ce sont des ouvriers d'élite à cause de leur habileté professionnelle. A. DELON.
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